Edito N°23 - Travail, performance, dépression

numero23À l’arrache, comme chaque fois. Le bouclage du numéro se fait dans un bordel qu’on s’efforce de maintenir « joyeux ». Textes et images éparpillés, à terminer, à retoucher, à débattre. Le foutoir habituel... Où est le numéro de Max ? Et la une, on a perdu le dessin !? C’est quoi ce café décaféiné ? Où en est Alice sur son crobar ? Et la mère à Manu, elle peut relire les textes ? Qui fait les pâtes ? Et merde, on a zappé l’édito ! Voici qu’on se met à écrire ces quelques lignes...

 

Au procès de la révolte de Villiers-le-Bel, Abderhamane, Adama, Ibrahima, Mara et Samuel ont été désignés coupables. Ils ont pris entre trois et quinze années de prison ferme : dangereux épouvantails construits par l’État pour rassurer le bon citoyen, chair à prison enfermée pour l’exemple. Pouvait-il en être autrement ? Des témoignages anonymes payés par les flics auront suffi. Les avocats, les soirées, les concerts et manifs de soutien n’y ont rien fait. La vengeance d’État a été impitoyable. En aurait-il été de même pour des étudiants blancs pendant le CPE ? Non, la gôche aurait crié au scandale et les peines divisées par dix. Pour les enfants de la colonisation des quartiers de Villiers, qu’ils soient innocents ou qu’ils aient légitimement répondu par la force, l’État policier règle ses comptes. Justice de classe, justice raciste.

Espérons que l’été ne sera pas aussi pourri que cette année pour la presse ! Les coups de pression s’additionnent sur les journaux indépendants. Le Fakir se fait attaquer par les patrons des supermarchés Casino. Bouygues a mis en procès les administrateurs des sites Internet Pajol, Réseau Anti-pub, Indymedia Paris, et Le Dauphiné Libéré s’en prend à Indymedia Grenoble. La Voix du Nord quant à elle pourrait nous attaquer en diffamation. Et, en vrac, Siné-hebdo, la RILI et Le Plan B ont dû mettre (provisoirement ?) la clef sous la porte.

Heureusement qu’il reste les camarades du Postillon et de Timult à Grenoble, de CQFD à Marseille, de la revue Z à Montreuil et sur les routes, de Rebetiko où qu’ils se trouvent... et ces dizaines de journaux que nous ne citons pas ici et qui font vivre une contre-information, une critique sociale, indispensable par ces temps maussades. Qui veut s’ajouter à la liste ?

Ah oui ! N’oublions pas les militants de l’Atelier Populaire d’Urbanisme du Vieux-Lille. Aux côtés des locataires, ils défendent leurs droits face aux proprios et aux bailleurs « sociaux ». Et début juillet, ils se font méchamment salir par l’extrême-droite municipale. Mme Cattelin conteste en effet la subvention qui devrait leur être attribuée, rêve l’asso en liquidation judiciaire et promet de saisir la cour des comptes. Une attaque qui pourrait lui en valoir d’autres, de notre part par exemple, pour avoir attiré notre attention sur leurs activités familiales populistes...

Enfin, on ne pouvait pas finir sans, encore et toujours, vous parler de nos problèmes de fric. Ça devient systémique : l’imprimeur nous réclame 4000 euros, notre service diffusion attend 3000 euros de rentrées, ce qui laisse un trou peu agréable... Alors à vos abonnements ! En attendant, Saint Précaire veille sur nous. Mais pour combien de temps encore ? En tout cas, du changement est en perspective. On vous réserve la surprise.

Le collectif de rédaction

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