Le calvaire de Mr et Mme Marinho
Franchissant le seuil d’une de ces portes cochères qu’on trouve en grand nombre dans cette partie du Vieux-Lille, aux alentours de la rue Négrier et de la rue Royale, on entre chez Monsieur et Madame Marinho par la cuisine. L’appartement en rez-de-chaussée est modeste et sobrement décoré, avec 2 chambres, une salle de bain et un salon. On imagine les souvenirs de la famille, les joies et les peines qui se sont vécues entre ces murs. Autour d’un café et de biscuits, le couple de retraités revient sur ses péripéties avec l’association diocésaine de Lille qui fut leur employeur, et aujourd’hui encore, leur propriétaire.


















Le 13 mai 2023 a eu lieu à Paris la marche Existransinter, une manifestation politique axée sur les droits des personnes transgenres et intersexes. Cette année, son mot d’ordre est « mobilisé.es contre la loi Darmanin », symbole de l’intersectionnalité promue par le collectif inter-orgas (assos, syndicats, groupes politiques). En effet, il faut prendre en compte que de nombreuses personnes LGBTQIA+ viennent chercher refuge en France pour échapper à l’homophobie, la transphobie et/ou les mutilations génitales. Et cette loi, de son vrai nom « Pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration », met en danger un grand nombre d’individus en les enfermant dans des CRA (Centre de rétention administrative) et en les renvoyant dans le pays qu’iels ont fui. Surtout que les personnes queer sont plus à même d’être précaires et victimes de violences.
Lundi 20 mars, 18h, la place de la République a été le théâtre d’une répression d’envergure. "Théâtre", au sens propre comme au sens figuré : vous avez ici un dispositif scénique orchestré par la préfecture de Lille comme prolongement d’une répression attendue et voulue par l’exécutif. Que dire d’autre qu’un théâtre ? Un vaste espace carré, le public martyr en son centre, les acteurs qui entrent et sortent de la scène. Pendant près de trois heures, la foule était comme une balle de ping-pong entre les cordons de flics. Lesquels ont pu jouer à loisir leur partition punitive.
Le 28 février dernier, 180 cheminotEs se sont rassembléEs devant le siège SNCF Nord au milieu des grands buildings d’Euralille. Sur leurs chasubles rouges on pouvait lire : LILLE, LENS, LOMME, SOMAIN, DUNKERQUE, mais aussi MARSEILLE. Leurs revendications ? Les mêmes que depuis des années (
Dès le début, la mobilisation a été massive. Pour la seule ville de Lille, les commentaires des manifestant.es les plus âgé.es étaient sans appel : avec plus de 30 000 personnes dans les rues le 19 janvier 2023 