Edito N° 24 - Le casse du siècle

numero24La Brique n’est pas...

Entre deux circulaires sur les roms, les expulsions de sans pap’, le massacre de nos conquêtes sociales, la répression des lycéens, il était temps qu’elle arrive cette Brique ! C’est vrai qu’on a « un peu » trainé mais rassurez – ou désolez-vous, on débarque en pleine forme. Et on espère encore tout péter cette année, malgré nos déboires de trésorerie. Déboires ne voulant pas dire qu’on s’acharne à picoler chaque abonnement.

 

Alors entre laborieuse compta et insuffisante diffusion on est reparti ! Si les derniers papas de La Brique se lancent dans d’autres aventures, qu’on leur souhaite aussi folles que joyeuses, on va mettre les bouchées doubles. Ça tombe bien : on a les crocs, et quelques taré-es se sont pointé-es pour nous filer un coup de main. Bienvenue !

On s’est offert un peu de temps aussi pour réfléchir sur deux trois trucs, se reposer les questions que l’on ne résoudra pas mais qui nous permettent d’interroger ce que l’on fait, pourquoi et comment. Parce qu’en plus de faire un journal, on a quelques ambitions. Notamment, ne pas reproduire le monde du travail. C’est pourquoi on calme le rythme effréné du mensuel et on repasse en bimestriel. Pour celles et ceux qui ne parlent pas le jargon journalistique, ça veut dire qu’on va paraître tous les deux mois. On discute « horizontalité » et « transmission des savoirs » pour essayer d’en faire autre chose que des belles formules rhétoriques. On pense et repense, dans l’espoir de supprimer, les hiérarchies informelles et les dominations qui ne se résorbent pas grâce à une simple bonne volonté souvent synonyme de bonne conscience. On réaffirme notre envie d’aller voir ailleurs, là où les portes ne sont pas ouvertes d’avance. Et on fait le point sur ce qu’est ou n’est pas La Brique. Ça donne pas envie de nous rejoindre ?

… un journal

Journalistes, c’est un peu l’insulte suprême que certaines personnes nous envoient quand on prétend, sans rire, faire un journal « d’infos et d’enquêtes ». Sauf que, si on utilise les outils du journalisme comme l’enquête, le reportage ou l’interview, c’est pour faire bien plus qu’un assemblage de feuilles de papiers. Sinon on ferait La Voix du Nord ou Moltonel. Un média, comme son nom l’indique, est pour nous un moyen d’énoncer et de dénoncer ce qui se passe au delà de nos cercles restreints. Y arrive t-on ? La question reste ouverte et on ne s’estimera jamais satisfait-es. Mais si on avance à tâtons, on ne lâche rien, et on persiste à vouloir faire un outil parmi d’autres pour décrypter ce que les puissants s’acharnent à dissimuler. Rendre visible pour débattre, se rencontrer, volontiers critiquer, ou, pire, témérairement polémiquer. Et pourquoi pas, un jour, un soir, une après midi ou un matin, passer ensemble à autre chose.

… ni une bande de militants

La Brique n’est pas un brûlot propagandiste - ou parfois malgré nous ? Loin de la figure historique et spectaculaire du militant de la révolution, nous souhaitons débusquer, en vains spécialistes de notre ordinaire, les étaux bureaucratiques et capitalistes ; autant que leurs plus discrètes traductions dans la vie quotidienne. À celles et ceux qui nous verraient comme un journal tantôt d’extrême gauche, tantôt faisant le jeu de la droite face à la mafia « socialiste », nous répondrions que les petits chefs demeurent partout. Qu’ils ne doivent jamais se sentir sereins.

Ainsi lirez-vous dans ce numéro 24 une enquête sur le « renouvellement » urbain du quartier populaire de Lille-Fives, une rencontre avec un ancien SDF des rues lilloises ou une rappeuse, le portrait d’un groupe d’édition fou, ou des trajectoires de roms arrivés ici, et qu’on ne veut pas voir partir. De quoi ronger son frein et cultiver saRetour ligne automatique
rage en attendant le pire. Ou alors, comme les lycéens, les cheminots, les ouvriers des raffineries ou les routiers, on ne patiente plus.

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