Edito N°36 - Ici comme au sommet de l’État

L’assassinat de Clément Méric secoue la République. Sortant de leur torpeur, ses représentants promettent soudain de « tailler en pièces » les groupuscules d’extrême droite (Ayrault). Mais qu’est-ce que ça changera ? Clément n’est pas la seule, ni la première, ni la dernière victime.

Là, près de chez vous, quelques exemples : le 6 juillet 2009, deux militant-es antifascistes sont agressés à Lille ; le 21 juin 2011 et le 30 novembre 2012, le Resto Soleil est attaqué par un groupe de fachos proches de la Maison flamande ; le 17 avril dernier, quatre boneheads prennent d’assaut un bar gay du Vieux-Lille ; le 4 juin à la gare Lille-Flandres, deux femmes, parce qu’homosexuelles, sont insultées et frappées – pour l’une, c’est 90 jours d’incapacité totale de travail ; le 7 juin dans la nuit, des cocktails Molotov sont jetés sur des familles roms à Hellemmes.

Litanie de violences contre les musulmans, les Roms, les homos. Des violences faites par des « groupuscules », mais dont les idées n’ont rien de groupusculaire. On les retrouve dans les têtes de celles et ceux qui, précisément, se déclarent « républicains ». Dans la région aussi, des Christian Vanneste – ancien député, connu pour ses tirades homophobes, regrettant les « trop faibles » expulsions de réfugié-es politiques –, des Dominique Bur – actuel préfet, véritable bras armé du ministère Guéant/Valls, n’ayant pas sourcillé pendant les 70 jours de grève de la faim des sans-papiers –, des Danielle Cattelin – élue municipale, violemment hostile aux Roms, qui a voulu couler l’Atelier Populaire d’Urbanisme du Vieux Lille –, de tels individus, ici comme au sommet de l’État, ont donné de la voix à toute une idéologie. Une idéologie à dissoudre.

Rechercher

logo jemabonne

En brèves

  • Bruits ou tapages injurieux, la répression continue

    Suite à des manifestations en février et avril 2018, près de 10 personnes ont reçu une ou plusieurs amendes à leur domicile pour motif de « bruit ou tapage injurieux perturbant la tranquillité d’autrui ». Sans qu’ait eu lieu ni contrôle ni notification les jours concernés : du racket légal....

    Lire la suite...

  • Aujourd’hui tout le monde a peur

    Max Weber faisait de la bureaucratie l’instrument de la rationalisation du monde : soumise à la règle, elle préviendrait des initiatives individuelles insuffisamment fondées. Aujourd’hui, avec la réouverture pour le moins hasardeuse des écoles primaires, cet optimisme nous semble devoir être...

    Lire la suite...

  • Le mot des dessinateur.trices

    Thérèse (bis) a invité quelqu'un à la Brique et celui-ci n'avance pas vraiment masqué...

    Lire la suite...

  • Bêtises de la sucrerie de Cambrai

    Le 3ème groupe mondial sucrier, Tereos, s’enorgueillit depuis le début du confinement de produire des litres de gel hydro-alcoolique ; aux héros industriels, la patrie reconnaissante. Le communiqué de presse de l’entreprise en date du 23 avril 2020 s’ouvre ainsi : « Pour des causes restant encore à...

    Lire la suite...

  • Ça va vous faire tout drone...

    Les annonces de Macron sont parfois un peu en décalage avec les actes : après les commandes de gaz lacrymos plutôt que des masques à l'heure des premières secousses du virus en France, son ministère de l'Intérieur lance un appel d'offres le 12 avril pour 651 drones. L'homme qui sort les mots «...

    Lire la suite...