Édito n°60 - S'arrêter au milieu de la rue...

Dessin edito 60 v2 nbVous avez kiffé votre été ? Petit hammam tranquille ? Des restos chics ? Shopping de luxe ? En tout cas, Castelain l’a fait pour vous, mais avec votre argent, d’après les révélations de Médiacités !1 Ce dernier a fait l’objet d’une garde à vue en juillet pour s’être payé divers loisirs aux frais de la MEL. D’autres élu.es véreux.ses tirent la gueule pendant qu’on se délecte des rebondissements derugyesques : pas moins de 18 permanences En Marche furent saccagées pendant les vacances. « La violence ne masque pas l’hypocrisie et l’incohérence » assène pertinemment le tag sur la permanence de Poitiers… Vous reprendrez bien un peu de homard ?

À la rentrée, les premiers retournements de vestes pré-électoraux ont commencé. Ainsi la Mairie socialiste nous honore d’un revirement écolo-radical : après Lille 3000, c'est « Lille à 30 ». Et la vitesse devient limitée à 30 km/h en ville. Martine Aubry prône désormais une "ville apaisée" et fait durer sa blague de "Lille, capitale verte". Elle se déclare même soudainement en faveur de transports en commun gratuits… la ZAP2 et ses gauchistes écolo' peuvent bien aller se rhabiller, Martine, elle, se drape de vert. Tandis que La Brique se retient (presque) de vous dire que le fascisme est à nos portes, Lille Mag - organe de propagande municipale - dépeint une toute autre ville. Ainsi, vous y trouverez le portrait d'un migrant réjoui d'avoir été accueuilli par la Mairie, alors même que des habitants du 5 étoiles - squat évacué en juin dernier - continuent à errer dans les rues lilloises. De plus, on continue à manifester pour le retour de Mohammed Lakel, expulsé au mois d’août dernier.

Du coté des candidat.es à la course au Beffroi, tout ira bien dans le meilleur des mondes, mais pas tout de suite. « Lille : une ville où il fera bon de vivre surtout après le mois mars, si vous votez pour MOI ». Ils et elles nous promettent de la rénovation urbaine, de la construction de logements (pas trop sociaux non plus), des parcs par dessus le béton, des crèches par centaines et par milliers.

C'est presque un jeu, car comme le dit Daubresse, le candidat LR à la ville de Lille et le roi des cumulards: « ce qui compte, ce n'est pas le pouvoir mais le combat électoral ». Parole, parole, parole...

Comme nous le rappelle depuis bientôt un an les Gilets Jaunes, « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ». Alors dans ce numéro, on vous parle de celles et ceux qui ne font jamais les gros titres ; les personnes exclues du slogan « Lille, ville de la solidarité » affiché partout et ignorées par les promesses électorales, qui ne leur sont de toute façon pas vraiment adressées.

C'est le cas des personnes trans, qui se battent au quotidien pour leur propre reconnaissance; des femmes du voyage qui vivent sur un terrain de la MEL près d'Hellemmes bouffant du même coup le mépris des instances locales et la poussière ambiante. Nous entamons ici une série d'enquête sur les SDF et le traitement qui leur est réservé, et poursuivons celle quirévèle les dessous des promesses électorales. Sinon, on vous parle des travailleur.ses mobilisé.es pour défendre leur boulot, ou de ceux et celles qui ont vu leurs conditions de travail se dégrader salement avec les réformes du secteur Public de ces dernières années.

Un beau merdier à venir, des galères financières et des prises de tête assurées. Toujours les mêmes qui trinquent, d'ailleurs l'Insee vient d'annoncer que le taux de pauvreté augmente de 0,6% en France en 2018 et que les riches continuent à s'en foutre plein les poches. organisons-nous pour que les forcesinvisibles écrasent la minorité dominante. Et gare à la revanche…

Le collectif de La Brique

1. Jacques Trentesaux, « Métropole de Lille : l'avenir politique s'obscurcit pour Damien Castelain », Médiacités, 03/07/19.

2. Zone à Protéger de la friche Saint-Sauveur, située sur le dernier carré de verdure de la porte de Valencienne

 

DÉCOUVRIR LE SOMMAIRE

Rechercher

logo jemabonne

En brèves

  • Bruits ou tapages injurieux, la répression continue

    Suite à des manifestations en février et avril 2018, près de 10 personnes ont reçu une ou plusieurs amendes à leur domicile pour motif de « bruit ou tapage injurieux perturbant la tranquillité d’autrui ». Sans qu’ait eu lieu ni contrôle ni notification les jours concernés : du racket légal....

    Lire la suite...

  • Aujourd’hui tout le monde a peur

    Max Weber faisait de la bureaucratie l’instrument de la rationalisation du monde : soumise à la règle, elle préviendrait des initiatives individuelles insuffisamment fondées. Aujourd’hui, avec la réouverture pour le moins hasardeuse des écoles primaires, cet optimisme nous semble devoir être...

    Lire la suite...

  • Le mot des dessinateur.trices

    Thérèse (bis) a invité quelqu'un à la Brique et celui-ci n'avance pas vraiment masqué...

    Lire la suite...

  • Bêtises de la sucrerie de Cambrai

    Le 3ème groupe mondial sucrier, Tereos, s’enorgueillit depuis le début du confinement de produire des litres de gel hydro-alcoolique ; aux héros industriels, la patrie reconnaissante. Le communiqué de presse de l’entreprise en date du 23 avril 2020 s’ouvre ainsi : « Pour des causes restant encore à...

    Lire la suite...

  • Ça va vous faire tout drone...

    Les annonces de Macron sont parfois un peu en décalage avec les actes : après les commandes de gaz lacrymos plutôt que des masques à l'heure des premières secousses du virus en France, son ministère de l'Intérieur lance un appel d'offres le 12 avril pour 651 drones. L'homme qui sort les mots «...

    Lire la suite...