Révolution générale - Les secteurs en lutte !

courroux

Macron nous la fait à l'envers depuis son élection. Comme tous ceux qui ont été aux manettes ces dernières décennies. Et tout le monde y passe : étudiant.es, exilé.es, salarié.es, ouvrier.es, cheminot.es, soignant.es, retraité.es, sans-travail, etc. En multipliant les attaques, le meilleur représentant du MEDEF nous donne l'occasion de converger. Rejoignez les personnes en lutte dans les assemblées génèrales, les manifs, les piquets de grève et autres actions ! Voici un petit tour d'horizon (non exhaustif) des luttes en cours et à venir dans la région et du message qu'elles portent.

Si nous avons oublié une info (plusieurs même), un secteur en lutte, des revendications, des dates de manifestations à venir (ou antérieures), n'hèsitez pas à complèter en nous submergeant de mails à cette adresse : labrique**@riseup.net (pensez à remplacer les ** par @).

Et aussi à complèter les agendas de lutte sur Internet : Indymedia, Demosphere, Lille Insurgée, AG de Lutte Lille, Collectif de Résistance à la Sélection, etc.

Depuis mercredi, vous avez peut-être vu apparaître une Briquette de quatre pages. On diffuse comme on peut en manif' et AG, mais si vous pouvez nous filer un coup de main, n'hésitez pas. On a du stock. Et si vous souhaitez l'imprimer et la diffuser, c'est en A3 horizontal, recto-verso, format brochure : La briquette de lutte

 La SNCF, depuis le 2 avril

Rendu en fèvrier dernier, le rapport Spinetta porte sur l'avenir de la SNCF et du service public ferroviaire. Objet du courroux des cheminot.es, il propose la transformation de la SNCF en Société anonyme, la mise en place de la concurrence sur le transport des voyageur.ses, des marchandises et liaisons internationales, la fin programmée du statut de cheminot.e ou encore la suppression des petites lignes TER.

Après la manifestation nationale du 22 mars dernier (plus de 600 000 personnes à travers la France dont 10 000 à Lille), une longue grève perlée de trois mois a démarré le 2 avril dernier. Deux jours de débrayage tous les cinq jours, mais aussi des assemblées générales, des manifestations et des explications aux usager.es de la raison de leur mobilisation. La prochaine grande manifestation aura lieu le 19 avril.

Air France depuis fin fèvrier

Après six ans de blocage des salaires, les dix syndicats d'Air France réclament une augmentation de 6 % pour l'ensemble des salarié.es de l'entreprise. Depuis fèvrier, quatre journées de grèves ont déjà eu lieu, d'autres sont à venir : les 10, 11, 17, 18, 23 et 24 avril prochain. Les dernières dates coincident avec les grèves à la SNCF, il s'agit d'augmenter le rapport de force et de converger.

Les éboueurs depuis le 3 avril

Chez les éboueurs, la CGT des transports et des services publics a lancé un appel à la grève pour réclamer la création d'un service public national des déchets et la prise en compte de la pénibilité de leurs tâches. Une des revendications : la possibilité pour l'ensemble des salarié.es d'un départ anticipé de cinq ans à la retraite à taux plein pour toutes et tous, et de 10 ans pour les métiers exposés à l'insalubrité et la pénibilité, ainsi qu'une réduction du temps de travail. Les mobilisé.es dénoncent par ailleurs les délégations de service public, qui entraînent un moins disant social, une concurrence accrue et des conditions de travail qui se dégradent.

Il s'agit d'une grève reconductible depuis le 3 avril, précise Jawad Mahjoubi (CGT services publics), qui poursuit : « Tout comme chez les cheminots, la détermination est forte. Il faut s'attendre à un printemps de luttes. » À Lille, le préavis a été lancé le 15 mars, puis levé le 23 mars, après l'acceptation de l'ouverture de négociations par l'entreprise Esterra.

L'énergie depuis le 3 avril

Alors que les gouvernements successifs appellent de leurs voeux à accentuer la privatisation du secteur de l'énergie, les salarié.es réclament l'organisation d'un service public de l'électricité et du gaz. De plus, le syndicat FNME-CGT réclame un bilan de la déréglementation du secteur de l'énergie, la fin de la libéralisation du marché de l'électricité et du gaz et un statut de l'énergéticien pour l'ensemble des salarié.es qui travaillent dans ce secteur. À l'instar des cheminot.es, les électricien.nes et gazier.es ont annoncé trois mois de lutte, de début avril à fin juin. Le syndicat FNME-CGT entend construire la mobilisation et travailler la convergence des luttes. Trois journées d'action sont prévues d'ici le 19 avril, date de la manifestation interpro lancée par la CGT.

Carrefour depuis le 30 mars

Le plan « stratégique » de la nouvelle direction de Carrefour prèvoit de supprimer plusieurs milliers d'emplois, sans dire mot sur le recours aux emplois prècaires et aux temps partiels imposés. Ainsi, le président-directeur général, Alexandre Bompard, vise à la suppression de 2 400 postes et le retrait du groupe des 273 ex-magasins Dia (2100 salarié.es concerné.es). Par ailleurs, les 600 euros de participation touchée par les salarié.es en 2017, ne devraient plus s'élever qu'à une cinquantaine d'euros en 2018.

Depuis le 30 mars, la logistique est touchée par un mouvement de grève, ainsi que les magasins, dont certains sont restés porte close. Dans la règion, le samedi 31 mars, la grève a concerné 73 % des salarié.es.

La justice depuis le 15 fèvrier

Mobilisé.es contre la réforme de la justice prévue par le gouvernement Macron, les juristes s'opposent au remplacement, dans certaines procèdures, des juges par des algorithmes informatisés, à la suppression de 307 tribunaux, à la prévision d'audiences en visioconférences, ainsi qu'à la restriction de l'accés à la justice pour les victimes et les personnes les plus précaires ou fragilisées. Alors que le nombre de dossiers augmente, les effectifs diminuent. Plus largement, les mobilisé.es s'érigent aussi contre la suppression de la fonction spécialisée de juge d'instance. Les juristes dénoncent une réorganisation judiciaire illisible, une déshumanisation de la justice, la privatisation du contentieux civil ou encore la suppression du juge d'instruction et du juge de l'application des peines. Bref, un démantélement de la justice.

Dans cette réforme, le gouvernement légifère, à nouveau, par ordonnance, sans débat parlementaire, sans communiquer avec exactitude sur les mesures prises. Après les 15 février, les 21 et 30 mars, la prochaine mobilisation est prévue le 11 avril, avec une nouvelle opération « justice morte »!

Asile et immigration depuis le 13 fèvrier

Les salarié.es du secteur associatif sont mobilisé.es contre l'adoption de textes relatifs au droit d'asile et à l'immigration. Ils ont pour objectif de mieux contrôler, trier et éloigner les étranger.es indèsirables. Pour la CIMADE, association de solidarité active avec les personnes réfugiées et migrantes, le projet de loi porte « des atteintes extrêmement graves aux droits fondamentaux des personnes migrantes, par une série de mesures de contrôle, de tri, de contrainte et d'exclusion ». De plus, le projet prévoit d'allonger la durée de rétention des exilé.es jusqu'à 135 jours, « un enfermement inutile et lourd de conséquences humaines pour les personnes migrantes, dans le but illusoire d'expulser toujours plus ». L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) emboîte le pas et dénonce le projet, qui vise aussi à réduire le délai d'examen des dossiers, et oblige les demandeur.ses d'asile à déposer leurs dossiers dans des délais intenables.

Des mouvements de grêve (notamment à la CIMADE) ont eu lieu le mercredi 4 avril, pour dénoncer ce nouveau projet de loi, et exiger son retrait.

Les exilé.es

Le collectif des Olieux (tout comme le CSP59) se mobilise pour un accueil humain des exilé.es. Devant la répression et les traitements inhumains occasionés par les pouvoirs publics, le collectif constitue un réseau d'entraide indispensable pour loger, nourrir, donner des cours de français et créer des liens entre soutiens et jeunes réfugié.es.

Pour les aider, chaque mercredi soir à 18 heures, le collectif des sans pap' organise une marche, tandis que le collectif des Olieux se réunit en AG tous les dimanche à 14h.

L'éducation nationale depuis le 1er fèvrier

D'abord contre la réforme du Bac, les mobilisations ont repris la première semaine d'avril pour lutter contre la précarité des contractuel.les de l'éducation nationale, et demander des moyens supplémentaires. Plus généralement, les syndicats dénoncent les fermetures de classes, les postes non pourvus pour accompagner les personnes en situation de handicap, les effectifs surchargés, le non-remplacement des congès maladie ordinaires ou encore la baisse du nombre de postes aux concours, entraînant un recours redoublé aux contractuel.les et aux services civiques. En clair, moins de postes pérennes et une augmentation des contrats précaires et sous-payés...toute la philosophie Macron en somme.

L'enseignement supérieur depuis le 22 novembre

Le projet de loi concernant la sélection à l'entrée de l'université, qui s'incarne via la plateforme Parcoursup, prévoit de classer les étudiant.es en fonction des notes obtenues au lycée, des appréciations de leurs enseignant.es ou encore de la « qualité » de leurs activités péri-scolaires (aussi onéreuses soient-elles...). Il implique aussi des "attendus" rédigés par les universités, afin de choisir les élèves les plus "méritant.es". Ce projet fait l'unanimité contre lui parce qu'il met en place une sélection, met en concurrence les étudiant.es et les universités et ouvre la porte à une augmentation des frais d'inscription, comme ce que l'on peut déjà voir dans les écoles de commerce ou de journalisme. En clair, un accroissement invitable des inégalités sociales.

Pour lutter contre cette réforme, les étudiant.es mobilisé.es ont lancé Lille 0, espace de diffusion des savoirs, occupent des amphis, bloquent des facs, tiennent des assemblées générales et manifestent, pour une Université publique et gratuite, ouverte à toutes et tous, sans distinctions sociales.

Au sein de l'Université de Lille, des universitaires ont choisi d'éprouver le système en classant l'ensemble des dossiers en première position. Ces universitaires représentent des filières en tension, là o il y a le moins de places par rapport aux demandes des lycéen.nes. Rien que dans la licence Science politique de Lille2, 600 places sont disponibles sur... 2 400 demandes.

Depuis le 9 avril, un mouvement de grève des surveillances d'examen est lancé : pour contester ParcourSup, mais aussi les restrictions d'accès à l'Université et aux bibliothèques, la délocalisation des enseignements, les difficultés prévisibles de transport, la prèsence policière anxiogène, les violences d'extrême droite sur les campus, le manque chronique de moyens, et le gel des recrutements.

La fonction publique territoriale depuis le 4 avril

Les grèvistes contestent la remise en cause de l'autonomie des collectivités locales, du fait d'une austérité budgètaire qui empêche d'effectuer, notamment, des politiques sociales (à l'instar du Département pour la politique handicap ou le versement du RSA). De plus, certaines collectivités sont en restructuration permanente, impliquant une souffrance au travail, des non-remplacements de départs à la retraite de fonctionnaires territoriaux et un recours aux contractuel.les. En chiffres, c'est 120 000 fonctionnaires qui sont invité.es à partir. Autres enjeux, contester la fin du gel du point d'indice, la hausse de la CSG non compensée ou encore la privatisation des services publics.

Le 22 mars dernier, les fonctionnaires se sont mis en grève et ont manifesté dans la rue. Depuis le 4 avril, un préavis de grève court dans la fonction publique territoriale. La prochaine grande manifestation aura lieu le 14 avril.

Le social et la santé

Les raisons sont multiples, mais ont le même dénominateur commun : la marchandisation du social et de la santé. Depuis 1995 et la réforme de la gestion de l'assurance maladie, c'est au gouvernement et non plus aux partenaires sociaux de décider de l'avenir du système social français.

Dans le social comme dans la santé, le sous-effectif chronique est dénoncé, tout comme le recours aux contractuel.les, la pression sur les salarié.es et la mise en concurrence des individu.es et des services. Le tout en focalisant sur le coût, le rendement et la performance plutôt que sur le travail des soignant.es et la qualité des soins. C'est tout un travail de démantélement du système de santé français qui est en cours, ouvrant la porte au privé qui se goinfre déjà sur les maisons de retraites et les cliniques.

Plus localement, les pouvoirs publics s'acharnent sur le social, la protection de l'enfance ou encore sur la prévention spécialisée, réduisant à peau de chagrin les budgets, taillant dans les effectifs et les places disponibles pour les personnes accompagnées. Christophe Itier, ancien directeur de la Sauvegarde du Nord, marcheur perdant aux dernières législatives et recasé comme haut-commissaire à l'économie sociale et solidaire, accentue cette logique marchande à travers un "social business ACT" valorisant l'entrepreneuriat social, nouvelle source de croissance économique pour les investisseurs en tout genre.

À Lille, Le collectif unitaire contre la précarisation et la marchandisation du travail social et médico-social : Le social déchainé organise la riposte. Le 10 Avril une joyeuse manif a été demander des comptes sous les fenêtres de la pref' où se tenait des négociations budgétaires, sous oublier de faire un détour dans le hall de la gare Lille Flandre pour manifester leur solidarité avec les cheminot.es.

La culture

Les salarié.e.s du Centre Dramatique national du Pas-de-Calais sont en grève depuis le 29 mars dernier. En cause, le "management pathogène" de la directrice, Cécile Backès, nommée par la DRAC et la Région en 2014. Intimidations, sarcasmes, menaces, mensonges... Les salarié.es parlent enfin, témoignant du malaise et de l'angoisse qu'ont petit à petit provoqué ces méthodes au sein d'un lieu pourtant dédié à "l'ouverture d'esprit" et "l'égalité des chances". L'inspection du travail a été dépéchée mais pour l'instant la direction n'a pas signé la "charte d'engagement et de bonnes pratiques" rédigée par le collectif en lutte. Une situation inèdite, impliquant aussi bien les technicien.ne.s que les permanent.e.s administratif.ves, qui reflète la dureté grandissante des rapports de pouvoir au sein des "établissements culturels", soumis de plein fouet à une baisse constante de subventions et à une logique libérale qui pervertit le sens originel des projets artistiques. #Pour les soutenir, vous pouvez signer la pétition en ligne sur Change.org !

Par ailleurs, les équipes de France 3 ont paralysé le tournage de la série Commissaire Magellan, le 22 mars. Répondant à l'appel national de la CGT, 1/3 des équipes techniques étaient en grève.

Les usager.es des transports en commun

La politique de la métropole de Lille visant à augmenter les tarifs des transports en commun, à installer des portiques (60 millions d'euros) tout en augmentant le nombre de contrôleurs.ses illustrent la volonté des pouvoirs publics de faire de la mobilité un enjeu social. Contre cette politique agressive, les usager.es des transports en commun se mobilisent, réclamant à court terme l'arrêt de l'augmentation des tarifs, la gratuité des transports les jours de pic de pollution, pour les collégien.nes, lycéen.nes et étudiant.es, les précaires, et le retrait immédiat des portiques de sécurité. A long terme, ils.elles réclament la gratuité totale des transports pour tous et toutes et la mise sous régie publique de Transpole.

Le 13 avril prochain, 19 heures, aura lieu un débat sur la gratuité des transports à l'espace Marx à Hellemmes.

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