Grève de la faim des prisonnier.es

Depuis le jeudi 18 juin, les prisonnier.es du Centre de Rétention Administrative (CRA) de Lesquin ont entamé une grève de la faim. En mars, pendant le confinement et malgré la confirmation d'un cas de Covid, entre 40 et 50 personnes ont passé le confinement en détention. Plusieurs mouvements collectifs ont éclaté et ont été violemment réprimés avec « tabassages et transferts ». Depuis quelques semaines, le CRA est de nouveau plein, entrainant des transferts vers Calais et d'autres centres. Plus récemment, suite à la suspicion d'un cas de Covid, elleux demandent la libération de l'ensemble des détenu.es. Ci-dessous, nous reproduisons le communiqué des prisonnier.es du 21 juin dernier, et à qui nous témoignons notre soutien1.

«Tous les gens dans le centre, dans les quatre zones, les 80 personnes, on est en grève de la faim. Le centre il est plein. Il y a trop de monde. ça fait 3 jours que personne est sorti pour manger. Aujourd’hui on a demandé le médecin et y a pas de médecin, comme tous les jours. ça fait presque 5 jours que y a que l’infirmerie : les gens ici ils toussent, ils ont de la fièvre, ils ont mal à la tête. Les policiers disaient hier que les médecins viennent pas parce qu’ils ont peur. Ya que du doliprane en attendant. Lundi ou mardi les policiers ils vont se faire tester. Nous on sait même pas si on va se faire tester.

On est en grève parce qu’on a peur, parce que pendant deux semaines y avait quelqu’un ici au centre de Lille qui avait le Covid. Il a été transféré à Calais et il a été testé positif là-bas. Les policiers depuis trois jours ils ont des masques et des gants, nous on a aucun moyen, on a rien, même pas du gel. On peut même pas se laver les mains. Avant ça y avait aucun moyen de protection dans le centre, rien.

ça fait aussi trois jours qu’ils ont arrêté les parloirs, en fait ils ont tout arrêté. Avant y avait les amis, les cousins qui ramenaient des gâteaux ou des clopes au parloir. Maintenant les gens ici ils fument une cigarette par jour, et pour le café, tout le monde partage le même gobelet.

Pourquoi est-ce qu’on reste ici ? En plus les frontières elles sont fermées. Ils ont aucun moyen pour expulser les gens. De toute façon ils cachent les choses : ils veulent pas faire sortir l’information comme quoi y a quelqu’un qui est contaminé ici. Quand les gens sont enfermés dans le CRA ils sont pas testés avant. On a peur, on est stressé, y a des malades, on a que du doliprane.

Chaque chambre, on est 3 ou 4 dedans, les toilettes sont dégueulasses, les robinets et les douches marchent pas, ça fait trois ou quatre jours que le ménage a pas été fait. Quand on arrive il nous donne un petit plastique de shampoing et c’est tout. Là y a des gens ça fait plus d’une semaine ils ont pas pris de douche. Ils ont aucun moyen pour se laver. Ici le temps il passe pas. Y a des policiers qui font de la torture morale. Y a pas de protection.

On demande la libération de tout le monde. »

Les prisonnier.es du CRA de Lille

1. Pour aller plus loin, nous vous renvoyons au collectif A bas les CRA : abaslescra.noblogs.org

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