Richir coule les Bains-Douches

Jacques Richir est adjoint à la mairie de Lille.La ville de Lille a prévu la fermeture des derniers bains-publics municipaux vers la fin de l’année 2018. Les douches ne manquaient pas de succès, même quand elles étaient à court d'eau chaude. On voudrait faire fermer ces locaux, alors qu'ils répondent à un besoin réel : prendre des douches à bas prix (1). Non seulement il permettait aux populations les plus fragiles de se laver, d’accéder à l’hygiène, mais c’est aussi un moment agréable, l'occasion de prendre du temps pour soi, d'entretenir des liens sociaux. On va à la douche en famille, on y croise des gens qu’on connaît, on se raconte les derniers potins, etc. Un très beau film documentaire, Bains-Douches, a été tourné dans ces lieux, qui montre la vie dans ces espaces et les relations entre personnels et usager.es (2).

Pour la mairie : chacun ses pauvres !

Comme à Wazemmes en 2014, les bains-douches de Fives ferment leur porte. Ici, c'est manifestement en raison de leur trop grande proximité avec le projet de Fives Cail. Les personnes les plus fragiles feraient tâche dans le décor, d’autant plus lorsque ils débarquent de toute la métropole. Cela semble irriter les élus qui voudraient que chaque usager.e soit renvoyé.e au Centre communal d'action sociale (CCAS) de sa ville.

L’état de salubrité des locaux est le principal argument déployé pour justifier la décision. Leur réhabilitation représenterait un coût trop important pour la ville. À qui la faute ? Depuis leur construction dans les années soixante, la ville ne les a jamais entretenus. La mairie avance des solutions alternatives pour les usager.res. Par exemple avec la réhabilitation des logements des particuliers dont les douches sont inadaptées à leur condition : problème de santé, âge, etc. Fallait-il vraiment attendre que les bains-douches ferment pour que l'on s'intéresse aux conditions de logement ?

Jacques Richir est adjoint à la mairie de Lille.

Pour les sans-abris, elle voudrait que des associations du travail social, comme l’Abej (3), prennent la charge d’assurer l’hygiène de ces populations. Mais les associations croulent déjà sous de lourdes responsabilités, sans que les moyens financiers ne suivent. Une façon pour la mairie d’externaliser ses responsabilités.

Un collectif contre la fermeture des bains-douches a été créé pour dénoncer cette décision. Il est constitué de militants, de bénévoles, d’usager.es, d’habitant.es de la métropole lilloise. Une pétition en ligne a été lancée pour empêcher la fermeture des bains-douches (4).

Lien vers la pétition

Contacter le collectif : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

(1) 1 euro 30 pour les douches et 2 euros 50 pour les bains.

(2) Thomas Dumont et Alice Lemoine, Bains-Douches, Lille, 2014. Accès libre sur Vimeo.

(3) Association Baptiste pour l'Entraide et la Jeunesse

(4) Suivez les infos sur le site de l'APU-Fives.

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