Communiqué : Nous ne nous laisserons pas faire !

Communiqué no2

Le groupe de militant.es de Calais et d'ailleurs qui occupent plusieurs bâtiments dans la ville du littoral est assiégé par la police. Entrave à la liberté de circuler, coupures de courant quasiment illégales, répression des soutiens extérieurs... nous relayons leur communiqué du 8 février qui raconte ce qu'il s'est passé et leurs revendications.

Depuis le vendredi 4 février, nous occupons un bâtiment Rue d’Ajaccio, inhabité depuis 1 an. Cette occupation est intervenue dans le cadre de la commémoraction, une journée de mobilisation internationale à l’initiative des familles et des proches des personnes décédées aux frontières pour dénoncer les politiques migratoires meurtrières du Royaume-Uni, de la France et de l’UE.

A Calais, environ 1500 personnes (sur)vivent dans la rue dans des conditions de vie inacceptables. Les personnes exilées occupent des terrains vagues et n'ont pas accès aux services de première nécessité : logement, assainissement, eau, nourriture et soins médicaux. L'État impose des conditions d'extrême précarité et d'invisibilisation par des expulsions illégales toutes les 48 heures, des vols d'effets personnels par la police, des démantèlements illégaux sans possibilité de se défendre devant un juge, des violences policières récurrentes. Les gouvernements français et britanniques, Natacha Bouchard et tous leurs amis, ont délibérément transformé une question politique en crise humanitaire, maintenant les personnes qui veulent passer la frontière dans une situation de survie.

Mais les exilé.e.s ne sont pas les seul.e.s, à connaître la précarité et l’absence d’accès au logement dans le Calaisis. L’ensemble de la cité auquel le bâtiment appartient est destiné à être expulsé puis détruit. Tandis que certain.e.s dont celles.ceux du bâtiment que nous avons occupé en ont déjà été expulsés, d’autres s’opposent encore à leur expulsion en l’absence d’une quelconque proposition de la part de la mairie. C’est dans ce contexte que, lorsque lundi 7, les premier.e.s policier.e.s sont venus, de nombreux.euses voisin.e.s sont venu.e.s manifester leur soutien à l’occupation. Nous avons ainsi pu exprimer notre refus du discours de la guerre entre pauvres. Ne nous laissons pas diviser: Français.e.s ou étranger.e.s, avec ou sans papiers, un toit est un droit. Par ailleurs, la police a refusé, a plusieurs reprises, de voir les preuves d’occupation. Depuis 14h aujourd’hui, un dispositif policier disproportionné a encerclé le bâtiment. Les forces de l’ordre ne laissent entrer personne, ni eau, ni nourriture, ni matériel. Comme revendication première, nous exigeons l'arrêt des expulsions de campements toutes les 48h. Plus généralement, nous exigeons la fin du harcèlement des personnes bloquées à la frontière par la police. Nous exigeons la régularisation de tous les squats de la ville. Enfin, nous exigeons la réquisition immédiate de tous les bâtiments vides à Calais et que des solutions concertées et durables soient proposées à tout.e.s les habitant.e.s, quel que soit leur statut administratif ou de vulnérabilité.

Tant que nos revendications ne sont pas satisfaites, nous ne quitterons pas ces lieux. Nous refusons de nous laisser intimider par cette pression policière et rappelons que le délai de flagrance est dépassé, et qu’il ne peut y avoir d’expulsion sans décision de justice exécutoire. Nous ne nous laisserons pas faire !

Nous demandons à toute personne solidaire des personnes à la rue et des personnes bloquées à la frontière, à toute personne qui croit au droit au logement à venir nous aider à défendre les bâtiments que nous occupons !

Les habitant.e.s

contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
twitter : @CalaisLogement

 

Bâtiment occupé, 9/02/2022

Bâtiment occupé dans le quartier Fort-Nieulay, le 09/02/2022

 

Occupation policière persistante, 9/02/22

L'occupation policière persiste le lendemain, le 09/02/2022

 

 

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