Répressions

Marche ou crève !

emilio lussu3 novembre 1918, fin de match. Les Autrichiens ne veulent plus jouer avec les Italiens. On ramasse les cadavres des deux camps, innombrables, on les aligne dans des cimetières, là-haut, sur les cimes alpines qui surplombent la plaine du Pô. Enfin le calme après la tempête ? Eh bien, non ! Emilio Lussu [1], amer et sarcastique, dans son témoignage La marche sur Rome et autres lieux (1931), raconte comment, à la faveur du chaos, le fascisme a pris naissance et s’est imposé en Italie.

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Témoignages de gardé-es à vue du CCL, le 15 janvier 2011

I

« Je dansais, comme d’autres au sous-sol. On a entendu des cris d’affolement et vu des gaz suffocants descendre vers la cave. Il a fallu quelques minutes pour être totalement asphyxiés, sans possibilité de sortir. Quand la porte s’est ouverte, tout le monde s’est dirigé vers la sortie sans violence mais les policiers matraquaient à notre passage. Je prends un coup de poing dans le ventre, un ami derrière un coup de matraque aux côtes. Dans le fourgon, je découvre les plaies sur les visages. »

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Survivre en garde à vue

cclLe 15 janvier 2011, plus de la moitié du collectif de La Brique était en cellule. Expérience traumatisante pour beaucoup. On s’est dit qu’une petite piqûre de rappel des « droits » en garde à vue pour s’en sortir au mieux ne pouvait pas faire de mal.

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Cas d’école

controleursDans certains quartiers de la métropole lilloise, la police n’est pas la bienvenue et ce n’est pas rare qu’elle soit reçue à coups de cailloux. Alors les policiers ciblés interpellent à l’aveugle et accusent une ou deux personnes de tous les torts : violence, outrage, rébellion, etc. L’histoire se termine bien souvent en comparution immédiate, moins de quarante-huit heures plus tard. Deux affaires récentes illustrent ce cas d’école.

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Réforme de la garde à vue : Parquet 1, Défense 0

police800 000 gardes à vue en 2009, dont 200 000 concernant des délits routiers. Leur nombre a augmenté de plus de 70% entre 2001 et 2008 – hors délits routiers – avec une nette envolée à partir de 2002. Celles et ceux qui ont fait les frais de cette inflation savent sans doute à quel point la privation de liberté à la française laisse la porte ouverte à l’injustice. Et dans quelle mesure elle peut être traumatisante. En janvier dernier une réforme de la garde à vue, rapidement rédigée par le gouvernement, a été adoptée par l’Assemblée nationale. On nous promettait une loi exemplaire, nous voilà gratifiés d’un bel enfumage législatif.

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Arbitraire ordinaire et suspects usuels

ccl14 janvier 2011, trois heures du matin passées. Soirée de soutien à La Brique au Centre Culturel Libertaire, à Lille. Dans une ambiance tranquille, on profite encore de DJ Stamiff aux platines. Plusieurs dizaines de mètres plus loin, une embrouille de fin de soirée : des types haussent un peu le ton, quelqu’un appelle les flics, une patrouille arrive...

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Les murs d’Annoeullin

prisonOuverte en juin 2011, la prison d’Annoeullin est la première prison en « partenariat public privé poussé ». Bouygues, par l’intermédiaire de sa filiale Themis, en est propriétaire pour trente ans et rendra ensuite le tout à l’État. Modèle d’architecture destructrice de l’individu, elle est la parfaite illustration d’une entreprise de mort.

C’est la première des trois prisons pour laquelle Bouygues a passé contrat avec le ministère de la justice, lorsque celui-ci était entre les mains de Rachida Dati. Un projet de 70 millions d’euros et 30 000 m3 de béton étalés sur quinze hectares pour construire la dizaine de bâtiments qui abritent désormais un quartier de maison d’arrêt* [1], un centre de détention*, et une cinquantaine de places en quartier psy, des maisons familiales, etc. [2]. En 2009, des voix s’élèvent contre le projet qui pourrait polluer une source d’eau passant sous les champs aujourd’hui goudronnés, mais aussi entraîner des dégâts importants sur une pommeraie située à proximité du site choisi ; des détails rapidement balayés par les tribunaux [3].

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Lexique du numéro prison

OIP

La section française de l’Observatoire International des Prisons est fondée en 1996 à Paris. « Son objectif est de promouvoir et défendre les libertés fondamentales des personnes détenues par l’observation des conditions de détention et l’alerte des pouvoirs publics et de l’opinion publique ; la protection des personnes qui peut résulter d’actions contentieuses et juridiques jusque la cour européenne des droits de l’homme si nécessaire. » Plus d’infos sur oip.org.

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Exploitation de masse

policeEn 2011, 17 497 personnes incarcérées ont exercé une activité professionnelle en prison, soit près d’un tiers de la population carcérale. Le tout sans contrat de travail, par le biais d’un acte d’engagement dont les clauses sont définies par l’administration pénitentiaire et les entreprises. Des salaires entre 20 et 45 % du SMIC, avec une moyenne à quatre euros brut de l’heure, un trimestre sur quatre validé pour la retraite sur une année complète de travail (Le Monde, « Travail en prison, comment ça marche ? », 11/09/12). Non, ce n’est pas le bagne... Mais ça y ressemble fort. Un ancien salarié de la pénitentiaire témoigne.

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Témoignages de détenus

Paroles de détenus, non retouchées.

 

« Je trouve que personnellement, ces établissements sont des pompes à fric. Ils font de l’argent sur les détenus et il faut remplir ces endroits pour renflouer les poches des gens qui les construisent mais on ne pense jamais aux gens que l’on enferme à l’intérieur de ces bâtiments, on y fabrique pour ma part des monstres et il y a de plus en plus de récidivistes qui en sortent. [...] Il y a vraiment un gros problème et l’on ferme les yeux là-dessus. Mais que veut la justice : que l’on se réinsert ou que l’on devienne pire qu’avant ? Je me le demande... » Annoeullin, octobre 2012.

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Carte des prisons au nord de Paris

La région la plus dotée d’établissements pénitentiaires au regard de sa population. Dans le Nord-Pas de Calais, la Picardie, la Haute Normandie, on compte plus d’une vingtaine de prisons. Au 1er novembre, le ministère de la justice y recensait 9524 personnes, dont 623 mineurs et 312 femmes, écrouées, soit 18,3 % de la population carcérale française. À l’instar de toutes les autres prisons françaises, celles-ci sont bien souvent sur-occupées.

Impasses carcérales

Selon le rapport annuel 2011 de l’Observatoire International des Prisons, plus de 20% des détenus sont touchés par des troubles psychotiques (schizophrénie, paranoïa...). Si l’on y ajoute les personnes atteintes de dépression ou de troubles légers, le chiffre grimpe à 40%.

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La tentation associative

Le GENEPI et Trait d’Union sont deux associations. La première anime des ateliers socioculturels en prison (sept prisons sur la vingtaine de l’interrégion nord), la deuxième accompagne les familles aux parloirs d’Annoeullin. Des bénévoles racontent leurs difficultés à travailler sans subir l’administration pénitentiaire.

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« Cet Abou Ghraïb du 59 qu’est le centre pénitentiaire d’Annoeullin »

Le dossier du numéro 34 de La Brique (février-mars 2013) a commencé par deux choses : une sollicitation du GEP (Groupe Enquête Prison) pour que nous réalisions une enquête autour de l’enfermement et des prisons du coin, et la lettre d’un homme enfermé dans les geôles d’Annoeullin. Voici l’intégralité de sa lettre retranscrite :

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Octobre à Paris

algerieÀ l’occasion de la commémoration des cinquante ans du 17 octobre 1961, le massacre des algériens qui n’est toujours pas reconnu par l’État français, le documentaire Octobre à Paris de Jacques Panijel a connu pour la première fois, en octobre dernier, une sortie nationale en salles, 50 ans après sa réalisation.

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Mandat d’arrêt européen : deux septuagénaires extradés

sonyaLongtemps, vous avez pu les croiser à Wazemmes. Sonja, 79 ans, et Christian, 70 ans, ont été enlevés par la police française le 14 septembre pour être envoyés vers l’Allemagne. Leur extradition avait pourtant été jugée impossible par deux fois. Le mandat d’arrêt européen a permis de ne pas en tenir compte et de les envoyer dans les geôles d’outre-Rhin pour l’instruction de leur procès. Retour sur leur périple entre Wazemmes et Francfort.

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Pas de justice, pas de paix

Le 25 mai, deux des 53 personnes arrêtées lors de notre soirée de soutien au Centre Culturel Libertaire passaient devant le juge. Malgré des témoignages policiers surréalistes, le tribunal ne pouvait pas laisser pisser. Il nous a montré ce qu’il fait trop souvent : enfermer.

Quelques jours avant le procès, on apprenait que les flics qui avaient coursé Zyed et Bouna jusqu’à un transformateur électrique de Clichy-sous-Bois étaient mis hors de cause par la cour d’appel de Paris. On n’était pas serein.

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Le vidéo-flicage dans la région

videoDans les médias, l’abondance de faits divers scabreux répond d’elle-même à ceux qui se poseraient encore des questions sur l’utilité des caméras de surveillance. À écouter nos élu-es, aucun n’en est « fan », mais tous s’y mettent. C’est le cas à Lille où le conseil municipal, tapi dans l’ombre, est en train d’installer des globes high tech à vision 360°.

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Défense globale. L’armée s’attaque aux écoles

JPEG - 490.1 koDepuis la parution du Livre blanc sur la sécurité nationale en 2008, une nouvelle approche de la défense est en marche. Elle se veut « globale » et entend « préparer la nation à une crise grave » via la « formation de tous les jeunes aux enjeux de la défense ». Ce passage à une « défense globale » consacre la chute de deux évidences : l’armée n’a plus le monopole de la défense, et l’école n’est plus un sanctuaire contre le militarisme. Petites illustrations locales.

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