L’INSEE et le sentiment d’insécurité

Un témoignage sur la création du sentiment d’insécurité ou De l’utilisation des instituts de sondage par les pouvoirs publics.

" Mes colocataires et moi avons fait partie des heureux " ménages" sélectionnés par l’INSEE pour répondre à l’enquête "cadre de vie et sécurité". Voici ce qu’on trouve sur le site internet de l’INSEE. "

ENQUÊTE SUR LE CADRE DE VIE ET LA SECURITE Retour ligne automatique
L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) réalise du 02 janvier au 31 mars 2007 une enquête sur le cadre de vie et la sécurité. Cette enquête est dans la continuité des enquêtes de 2005 et 2006 et permettra un suivi annuel de la délinquance. La première partie de cette étude porte sur la qualité de l’environnement de l’habitat, la seconde partie aborde les problèmes d’insécurité : cambriolages, vols, agressions, vandalisme dont vous avez pu être victime.

Exemples de questions posées :Retour ligne automatique
"Selon vous, votre quartier ou votre village est il concerné par le problème du bruit ?"Retour ligne automatique
" Vous arrive t-il de vous sentir en insécurité dans votre quartier ou votre village ?"Retour ligne automatique
" Avez vous été victime d’un vol de voiture ?"Retour ligne automatique
" Avez vous été victime d’insultes de la part d’une personne qui ne vit pas actuellement avec vous ?"Retour ligne automatique
" Vous sentez vous en sécurité dans les transports en commun ?"Retour ligne automatique
Pour cette enquête, plus de 25 000 logements ont été tirés au sort sur le territoire, dont 1 614 pour la région Nord-Pas de Calais. Retour ligne automatique
Vu l’avis favorable du Conseil National de l’Information Statistique, l’enquête est reconnue d’intérêt général et de qualité statistique, est obligatoire, en application de la loi n° 51-711 du 7 juin 1951, modifiée sur l’obligation, la coordination et le secret en matière de statistiques. Elle porte les visas n° 2007 A001 EC et 2007 X002 EC du Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie valable pour l’année 2007.

" Comme me le disait très justement un des colocataires, avec ce genre de connerie, nous sommes coincés. Si nous disons que nous nous sentons en sécurité, nul doute que le ministère de l’Intérieur se félicitera de la performance de son action répressive. Si nous disons que non, ça fera aussi les choux gras du même ministère pour augmenter la répression.Retour ligne automatique
Pour ma part on m’a forcé ma voiture et volé mon sac cette année, ce qui n’augmente absolument pas mon sentiment d’insécurité, car le vol me semble être un acte qui fait partie de la vie. Mais si je le déclare.... qu’en conclueront les statistiques ?Retour ligne automatique
Je suppose que ce questionnaire n’est pas tourné sur l’analyse que font les ménages de ce qu’ils ont vécu...sans quoi je parlerai du lien entre misère sociale, précarité et sentiment d’insécurité ; ou encore entre médias et sentiment d’insécurité ; ou encore entre présence policière et sentiment d’insécurité....mais quel outil statistique peut prendre en compte ce genre de subtilités ?

Bref je suis outrée à l’idée de participer à ce questionnaire, et devinez quoi ? Je n’ai pas le droit de refuser d’y répondre. Après nous être renseignés, nous avons été informés que le refus est passible d’une amende de 150 euros et plus si récidive [1]...Et bien, je suis tentée de tenter l’amende... pas sûre de vouloir participer à titre privé au travail de l’Observatoire National de la Délinquance. "

Affaire à suivre dans le prochain numéro.

Notes

[1La Brique s’est renseignée auprès de l’INSEE. Et bien oui vous risquez une amende en cas de refus, même si la dame de l’INSEE nous a précisé que c’était plus " pour faire peur ".Dans ce cas, on comprend mieux le sens d’une telle enquête.

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