La rue Négrier

La rue Négrier

La rue Négrier à Lille doit son nom à un militaire formé lors des guerres napoléoniennes. Quand il prend le commandement de la 16e division de la Garde Nationale de Lille en 1847, le général François-Marie-Casimir de Négrier a déjà perpétré nombre de massacres.

 

En avril 1848, Négrier est élu député du Nord sur la liste des modérés (bourgeoisie libérale). Dans la capitale, où il siège à présent, la misère, le chômage, l’exploitation de la classe ouvrière sont en train de provoquer une des plus violentes insurrections de l’histoire parisienne : les Journées de Juin. Durant quatre jours, du 22 au 26, les prolétaires de Paris affrontent courageusement les forces du Parti de l’Ordre. C’est alors que Négrier quitte son rôle de représentant du peuple pour en redevenir le bourreau. Mais cette fois, une balle dans la tête met un terme à sa cavalerie sanglante.

Or, le 2 juillet, Lille fait revenir la dépouille du général. Il n’est pas né ici, y a peu séjourné, mais les charges de baïonnettes menées contre les ouvriers lui valent des obsèques royales. Occasion pour les autorités de proclamer en grande pompe la victoire de l’Ordre sur les soulèvements populaires (1). L’hommage très politique du préfet, prononcé sur la tombe du général, en est un exemple frappant : «  Ouvriers, que nous aimons, dont les maux ont depuis si longtemps navré nos cœurs, laissez-nous travailler en paix, vos mains dans les nôtres […]. Repoussez les funestes conseils des agents du désordre ! Agents acharnés de destruction, ils mutilent l’industrie, votre mère […]. Et toi, noble et glorieuse victime, repose en paix parmi nous ! Ah  ! Cette terre était digne de te recevoir. Que ton âme généreuse se console à la vue de ces populations du Nord restées pures de tout contact avec un horrible attentat commis contre la patrie  !  »

Deux jours plus tard, on donnait le nom de cette « noble et glorieuse victime » à la rue Française. Par contre, aucune rue n’a été baptisée Vato, Quinquet, Vermeille, etc. Des inconnus qui ont fui la misère lilloise pour trouver du travail à Paris. Des oubliés qui se sont soulevés en Juin avec un même horizon : la mort ou le bagne.

1 : Comme les évènements lillois de mai 1848, voir La Brique n°18.

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