Quand notre Monarque et sa Cour viennent adresser leurs voeux aux fonctionnaires.

Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bosca avait décidé qu’il passerait la matinée du vendredi 11 janvier à Lille. Peu l’ont aperçu, car arrivé en avion privé, il a filé tout droit à la préfecture pour adresser à quelques centaines de cadres supérieurs de la fonction publique de bon vœux pour l’année à venir, en présence de ses ministres et de Martine Aubry.

Et comme le président ne se déplace pas sans protection, c’est un dispositif impressionnant que les passants découvrirent ce matin-là entre la gare et la préfecture  : quatre compagnies de CRS et cinq escadrons de gendarmerie, soit plus de 1000 policiers et gendarmes déployés, interdisant la circulation dans tout le centre-ville et bloquant l’accès à la station de métro République. Les policiers étaient déjà à l’œuvre la veille pour faire dégager les voitures stationnées autour du "pavé des droits de l’homme". Dés avant 7 heures du matin, on pouvait voir les rangées de flics encarapacés postés devant les entrées de la gare, des camionnettes et bus de la gendarmerie dans une rue adjacente, des rondes de policiers et des motards de la police tout autour de la gare. A l’intérieur, des gardes mobiles empêchaient l’accès au quai, secondés par un bon groupe d’agents de la BAC. Avec les snipers sur les toits près de la préfecture, c’est un véritable couvre-feu digne des soirées "poulet grillé" de novembre 2005 dans nos banlieues les plus déshéritées qui semblait avoir été rétabli. L’ensemble des ministres est arrivé vers 9 heures, au pas de course et évoluant entre des rangées de policiers jusqu’à des cars stationnés devant la gare. Et quiconque aura voulu se promener près de là avec sa bande de copains aura été aussitôt informé d’un arrêté préfectoral interdisant tout rassemblement de plus de cinq personnes. Entre 7h et midi, quarante sept personnes, dont une brigade de clown mobilisée pour dénoncer ironiquement le pouvoir en place, auront ainsi été interpellées dans les rues du centre pour "rassemblement illégal". Les conditions de leur garde-à-vue étaient tout aussi exceptionnelles que les mesures prises pour l’encadrement du roi : parqués dans un enclos au milieu de la cour du commissariat central, lycéens mineurs compris, ils purent y manifester leur colère par des slogans antiautoritaires, avant d’être brusquement repoussés à l’aide des grilles qui formaient l’enclos et menacés de recevoir du gaz lacrymogène. Relâchés une fois le gouvernement reparti, ils n’ont signé aucun procès verbal et ni leurs droits, ni le motif légal de leur arrestation ne leur ont été communiqués. Il semblerait que la venue du chef d’Etat soit une raison suffisante pour modifier momentanément l’ensemble des lois en vigueur. Même la manifestation officielle, c’est-à-dire celle qui se soumet aux règles de la préfecture, n’a pas eu l’autorisation de quitter la place du Général de Gaulle. Sans plus tarder, Sarkozy est redescendu les marches de la préfecture en adressant à une foule imaginaire des signes de mains très avenants. Mais dans la réalité, personne n’était là pour le voir, ormis les caméras, le gouvernement et les élites invitées.

Tr

EunousRetour ligne automatique
L’auteur a déjà écrit sur ce sujet, il a quelque peu raccourci son propos pour le format journal. La toute première version du texte date de la fameuse journée du 11 janvier 2008.

[Photo : www.contre-faits.orgRetour ligne automatique
En collaboration avec Julie Rebouillat de contre-faits, La Brique prolonge la coopération entre médias. Vous trouverez une version similaire ""Quand notre Monarque et sa Cour viennent adresser leurs voeux aux fonctionnaires…"et plus longue ici.->http://www.contre-faits.org/spip.php?article65] Contre-faits utilise une licence Creative Commons, c’est important de le dire.

 

Brève de La Brique : Maillot jaune de la solidarité !

 

On s’était pourtant mis d’accord ce 11 janvier parmi les cyclistes du PS (Mauroy, , Aubry, Roman, Percheron, Derosier…) : pas de cadeau pour Sarkosy. Surprise : y en a une qui a sprinté seule en tête et a offert en cachette son vélo au président de la République. C’est dans le Journal du Tour de France du Présiroi que les autres des coureurs ont découvert le coup d’éclat. Martine Aubry, maire de la solidarité, a magnifiquement déjoué la vigilance du peloton socialiste et remporté le maillot du jaune de l’étape.Retour ligne automatique
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