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éditos | Tout va bien... jusqu'ici

Publié dans Tout va bien (été 2026) | Par Le collectif de La Brique, Illustration par Vela
Mis en ligne le 21 septembre 2026
bouée cocktail tout va bien

Vous en avez marre de fondre dans votre appartement sous 38°C ? Rassurez-vous, nos élu·es sont prêt·es à faire la guerre à la chaleur. À Lille, sur la Grand’Place, les arbres en pot sont en ordre de bataille pour vous apporter autant d’ombre que leurs branches chétives peuvent offrir. La Région n’est pas en reste : dans quelques années, les Picard·es auront peut-être le privilège de piquer une tête dans les eaux du canal Seine-Nord Europe. Mieux, des data centers tout neufs permettront bientôt à Mistral, notre IA nationale, de vous donner des conseils « fraîcheur » cinq dixièmes de seconde plus vite qu’aujourd’hui !

Vous n’êtes toujours pas convaincu·es ? Écoutez plutôt notre cher président qui annonce avec une maîtrise du grand écart à faire pâlir Jean-Claude Van Damme : « un gros travail a été fait [...] Nous nous sommes adaptés au changement climatique mais on ne s'adapte pas à un pic qui n'a pas d'équivalent aujourd'hui en Europe ». Alors, rassuré·es ? Non ?

Ça sent le roussi

À La Brique non plus, on n’est pas rassuré·es. Alors que s’initient des projets d’infrastructures géantes venues d’un autre siècle, on crève littéralement de chaud chez soi, dans les hôpitaux et dans les EHPAD. Durant la canicule du 22 au 28 juin dernier, une hausse de 30 % de la mortalité a été observée en France, soit plus de 2000 décès de plus que les semaines précédentes. 2000 personnes victimes de l’inaction climatique[1] .

Et quand on voit la tambouille de nos élu·es écologistes locale·aux, censé·es être les porteur·euses d’un projet de lutte contre le dérèglement climatique et la destruction de notre environnement, on ne peut que craindre le pire. Comment leur faire confiance, quand Stéphane Baly recule sur la friche Saint-Sauveur ? Une friche condamnée à accueillir des lotissements calqués sur des modèles imposés par la MEL, dans l’unique but de remplir les carnets de commande du BTP ? Il faudra se souvenir. Se souvenir qu’entre la possibilité d’une alternative radicale et celle de greenwasher le statu quo, les Verts ont choisi la seconde option au mépris de la démocratie.

Une chose est certaine : ça sent le roussi. Le 7 juillet, l’Assemblée nationale vote en première lecture la loi sur la présomption de légitime défense. Les flics sont autorisés à ouvrir le feu d’abord, pour se justifier ensuite. Un véritable permis de tuer qui rappelle le cas d’Henri Lenfant, abattu par un gendarme à Fouquières-lès-Lens en 2018. Ironie du sort, le tueur a été acquitté en appel ce 18 juin (ça ne s’invente pas), pour légitime défense.

Parmi toutes les odeurs de cramé qui nous taquinent les narines, il y a aussi celle des incendies de l’impérialisme un peu partout dans le monde. Palestine, Congo, Kanaky, Ukraine, Liban, Venezuela, Cuba… La liste des sacrifié·es ne cesse de s’allonger pour sauver les marges du grand capital.

bouée cocktail tout va bien

Un vent de fraîcheur

Heureusement, dans la chaleur étouffante, on trouve encore quelques courants d’air : le collectif Guerre À La Guerre (GALAG) et son antenne lilloise s’insurgent contre la militarisation de nos sociétés[2]  ; Un grand week-end de mobilisation s’est tenu en juillet vers Cambrai pour tenter d’entraver la construction du très néfaste canal Seine-Nord Europe ; La Pride de Faches-Thumesnil a bien eu lieu malgré les tentatives du nouveau maire de droite de la faire annuler.

Tous ces exemples nourrissent notre certitude que seule la résistance empêchera les néofascistes et les avocats du capitalisme de tout dévaster. On résiste nous aussi, avec notre feuille de chou, face aux magouilles électorales, face aux manigances des bailleurs antisociaux, face aux prédations des multinationales, face à la guerre. Ils ont les allumettes, mais on a le souffle pour les éteindre.

Références

  1. [1]

    Chiffres Santé publique France, 28 juin 2026

  2. [2]

    Manifeste du GALAG en quatrième de couverture

Issu du numéro 75 | «Tout va bien»

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