Ils ont le chiffre, nous avons le nombre !

Les derniers chiffres officiels, pour décembre 2006, prétendent que la région compterait 184 310 demandeurs d’emploi pour un taux de chômage de 12,2%. Cependant ces chiffres ne comptabilisent que les chômeurs-ses de « catégorie 1 » (cherchant un emploi à temps plein, en CDI et étant disponible immédiatement ), Ce mode de calcul, défini par le Bureau International du Travail, exclut, de fait, les 7 autres catégories de chercheur-ses d’emploi. Ne sont pas compris non plus, les bénéficiaires du RMI non-incrits à l’ANPE (environ 60%). ainsi que celles & ceux qui, ne percevant aucune indemnisation, ont décidé de ne plus s’inscrire, découragé-e-s par les contrôles intempestifs de l’agence.

LES DIFFERENTES CATEGORIES DE DEMANDEURS D’EMPLOI (et leurs nombres dans la région) :

Type d’emploi recherchéActivité réduite de 0 à 78 heuresActivité réduite de + de 78 heures
Emploi à durée indéterminée à temps plein Catégorie 1 (184 310) Catégorie 6 (41 344)
Emploi à temps partiel Catégorie 2 (28 094) Catégorie 7 (4 476)
Emploi à durée déterminée, saisonnier ou temporaire Catégorie 3 (6 126) Catégorie 8 (1 658)

Autres catégories de demandeurs d’emploi :

Catégorie 4 (?) Demandeurs d’emploi en maladie, stage ou formation.
Catégorie 5 (?) Demandeurs d’emploi occupant un emploi
Dispensé de recherche d’emploi (DRE) (30 000 : estimation) Demandeurs d’emploi percevant leurs éventuels droits à indemnisation sans obligation de recherche effective d’emploi.

Nous avons donc refait le calcul en y intégrant ces « chomeurs-ses invisibles ». En additionnant les catégories 1+2+3+6+7+8+DRE (296 000) ainsi que les RMIstes non inscrits (74 000), nous obtenons le chiffre de 370 000 sans-emploi dans le Nord-Pas-de-Calais, soit 24,3 % de la population active. Plus de la moitié des demandeurs d’emploi ne sont donc pas comptabilisés dans les statistiques officielles.

Il nous manque les chiffres des personnes licenciées qui passent par un « Contrat de reclassement professionnel » (exclu des statistiques de l’ANPE pendant 1 an), ainsi que ceux des catégories 4 et 5. Nous avons aussi constaté l’envolée des radiations administratives (43 574 en 2006, soit une augmentation de 10% par rapport à l’année dernière). Les radiations pour « absence au contrôle », atteignent le chiffre de 128 613 sur l’année écoulée, soit 37,4% des sorties de liste (dont 75% ne sont pas des reprises d’emploi). En continuant à fouiner, on pourrait arriver à 400 000 sans-emplois dans la région, soit plus de 26 % de la « population active ». Plus d’une personne sur quatre.

Comme d’habitude, la baisse du chômage, fanfaronée depuis plusieurs mois par le gouvernement dans les médias, n’est en fait que celle des chiffres. A l’heure des bilans pré-électoraux, on comprend mieux pourquoi l’I.N.S.E.E. vient de reporter la publication de son « calage » du taux de chômage annuel [1], prévue en mars... au lendemain des présidentielles. Les syndicats de l’organisme statistique avaient déjà dénoncé des pressions du ministère du travail, en 2006, lors du précédent "calage". Ils avaient alors redressé le taux de chomage de 0,1%.

Chiffres clefs : Retour ligne manuel
- nombre de RMIstes dans la région : 117564 en 2006, contre 77 000 en 1994 et 41500 en 1989.Retour ligne manuel
- nombre de contrats intérimaires conclut en 2006 : 1 152 037, équivalent à 40 092 temps pleins.Retour ligne manuel
- dans 13 des 15 bassins d’emploi de la région plus d’1 chômeur sur 4 a moins de 25 ans (ce taux atteignant 30% sur le Douaisis, l’Artois-Ternois, Lens, Saint Omer, Calais, Berck-Montreuil)

D.M.

Notes

[1Résultat de l’étude de ses enquêtes trimestrielles. Ce taux évoluant ensuite en fonction des statistiques de l’A.N.P.E.

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