Hors canard

Mai 68 à Lille : « La vieille taupe », sans sous-titrages et sans bande-son

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Guy Ciancia, auteur de Lille en Mai, Chroniques anarchistes, nous livre un texte sur le 68 qu’il a vécu. Un point de vue des événements bien à lui. Il revient sur l’agitation locale, les manoeuvres politiques, mais aussi sur les transformations des milieux révolutionnaires. Un pavé dans la mare pour contribuer à une certaine contre-histoire, façon puzzle.
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État de sièges à la BNP

27 novembre, la nuit s'abat sur Lille. L'humidité et le froid auraient dû engourdir les membres du collectif bouillonnant Action non-violente COP21 Lille de la campagne Faucheurs de chaises . Une quinzaine activistes estampillés du logo d'« ANV COP211 » déboulent de la rue Barthélemy Delespaul. Leur but : entrer dans la banque BNP Paribas au croisement des rues Solférino et Victor Hugo et se saisir de quatre chaises comme précieux butin.
Après avoir repéré les lieux depuis plusieurs semaines, ils entrent puis ressortent munis du magot.
 
Cet événement s'inscrit dans une série d'actions menées en France, en Belgique et en Suisse. Objectif : mettre un coup de projecteur sur l'implication de la BNP et des autres banques dans les paradis fiscaux où sont planqués 20 000 milliards d'euros environ2 de riches pollueurs, « alors que l'argent manque pour financer des politiques utiles au plus grand nombre et en particulier aux plus précaires, comme la lutte contre le réchauffement climatique, ou pour le logement, pour la sécurité sociale... C'est une action symbolisant ce système à deux vitesses : Rendez l'argent des paradis fiscaux, nous rendrons les chaises ! » nous dit Justin Bourel, militant en charge des relations presse pour cette action. Les membres revendiquent une totale transparence de leur action illégale face à l'opacité des banques.
 
Interloqué, le personnel médusé de la BNP assiste à l'action impuissant, sans avoir le temps réaliser ce qui lui arrive. Quatre sièges sont kidnappés, les passants s'arrêtent quelques instants, amusés par la scène. L'équipe pose fièrement devant l'agence et aussi rapidement qu'illes étaient venus, les voilà qui se dispersent dans tous les sens, les banquettes de la BNP prises en otage.
 
Certes ce n'est pas le casse du siècle. L'action est croquignolesque et il faudrait un peu plus que des rapts symboliques pour jouer les robins des bois. Si le slogan de l'Anv Cop21 est « Changeons le système, pas le climat », il est difficile de connaître la portée concrète de l'action et ce sur quoi elle peut déboucher.
 
Coté banquiers, nous sommes allés déguster leurs réactions. Et si le courant passe mal avec le réceptionniste – qui a tenté, sans succès, de photographier les activistes – d'autres employé.es nous renvoient vers le directeur qui nous martèle « pas de réaction, on est neutre ». Un jeune employé, à la coupe gominée nous dit : « On n'a pas le droit de s'en mêler, on ne prend pas parti, on n'est pas des agents de sécurité ni des politiciens », pourtant on aurait plutôt dit que leur travail est d'être les agents de sécurité du système, on a du mal à imaginer ceux qui brassent notre argent complètement dépolitisés. Un type à la cravate : «  Ils sont venus sans bruit, ont pris chaises et fauteuils, on a pas eu le temps de comprendre ». Au fil de la discussion dans la banque et sous le coup de la surprise et de l'émotion, nous avons quelques petites précisions.
 
« On nous a dit qu'on était susceptibles de recevoir des gens dans le cadre d'actions » nous lâche finalement le directeur de l'agence. Le jeune employé reprend – philosophe – « après tout, on déménage dans quatre mois »... Dans un paradis fiscal ?
 
Harry Cover, Riton
 
 
 
 
Pour en savoir plus : http://anv-cop21.org/
ANV COP21 Lille : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 
1 - Action non violente COP 21 Lille. 

2 - Selon le groupe d'analyse Tax Justice Network.
 

Fachos du nord, fachos du sud

lepenComparatif entre le FN du nord et celui du sud par Le Ravi et La Brique, le bimestriel de critique sociale de la métropole lilloise.

« Dans le nord, les maires FN ont l'accent jaurésien. Dans le sud, plutôt maurrassien », disait, il y a un an, Elsa Di Méo, opposante PS à Fréjus (84), la ville du sénateur-maire frontiste David Rachline. Depuis, le discours de la patronne de la cellule « anti-FN » du PS a changé : « Vu leurs pratiques, leur discours, il n'y a plus de différence entre FN du nord et du sud. » Qu'en est-il ? Petite tentative de comparaison entre le Front de Marine et celui de Marion.

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Génération identitaire a son dentifrice humanitaire

generation 1Alors qu’on les pensait planqués pour l’hiver, voilà les militants de Génération Identitaire (GI) qui ressortent le mufle. Les petits soldats jaunes du groupuscule se sont offerts quatre courtes sorties, les 11, 21, 24 et 30 décembre, largement relayées sur leurs réseaux sociaux. (...)

Il y a quelques mois, GI avait déjà cherché les lumières médiatiques avec des «tournées de sécurisation» du métro lillois orchestrées suite à la publication des chiffres de la délinquance dans les transports. Depuis quelques semaines, le mouvement d’extrême droite a mis en place, au niveau national, l’opération «Génération solidaire». Après la Normandie et la Lorraine, c’était donc au tour des militants lillois d’exhiber leurs tronches de nazillons[1].

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Transpole met deux personnes en garde à vue

chiracCette semaine, la société de transports métropolitains a déclaré la guerre aux fraudeurs. Un dépôt de plainte a entraîné la mise en garde à vue de deux personnes appartenant à la Mutuelle des fraudeurs de Lille.

C’est en partant au travail qu’un membre de la mutuelle des fraudeurs est arrêté. Il est emmené à son domicile pour une perquisition. L’appartement est retourné, ordinateurs, argent liquide, archives sont saisis. Cette personne est rapidement placée en garde à vue dans les locaux de la brigade financière à Marcq-en-Barœul. Le motif invoqué : « incitation à commettre des délits ou des crimes par voie de presse ou tout autre moyen de communication ». (Art. 23 ou 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse). Les fonctionnaires qui interviennent précisent que la police répond à une plainte de Transpole à l’encontre de la mutuelle. Transpole nie aujourd’hui toute implication [1] et, malgré nos appels réitérés, refuse de répondre à nos questions. Son nom figure pourtant en belle place sur les PV de police. Son PDG, François-Xavier Castelain, appelle lui-même la brigade financière pendant la garde à vue. Sans doute afin de préserver l’indépendance de l’enquête.

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« Austérité pour les Mulliez ! »

roubaixCe samedi 17 mai, un collectif de quatre associations engagées en divers endroits de France organise une marche entre le siège social d’Auchan, à Roubaix, et la ville de Néchin, en Belgique, où une partie de la famille Mulliez planque son magot. Matthieu, Sophie, Blaise et Yannick, animateurs de ce collectifs, reviennent sur les enjeux de cette mobilisation contre l’empire Auchan.

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Fraude : Transpole et la SNCF mènent la guerre aux pauvres

transpoleTGI de Lille, jeudi 22 mai, 8h30. Ce matin sept personnes sont jugées. Elles sont accusées de n’avoir pas payé plus de dix amendes Transpole ou SNCF sur une période d’un an. La procédure est inédite. Frédéric Fèvre, procureur de Lille, a décidé cette audience commune « pour marquer le coup ». Après les arrestations de deux membres présumés de la Mutuelle des fraudeurs le 16 avril dernier, c’est un nouveau coup dans la guerre contre les fraudeurs dont deux ont écopé de prison ferme.

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« Des soldats français ont participé au tri des populations, étape primordiale dans l’exécution d’un génocide »

mitterrand rwanda20 ans après le massacre, on ne peut pas dire que les responsables du génocide rwandais soient inquiétés par la justice. En lien avec l’association Survie, John Beurk publie une BD autour du premier procès d’un génocidaire, instruit au mois de mars dernier. En voici une version courte, agrémentée d’une interview de ce dessinateur avisé.

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Bienvenue à Lambersar...kozie.

sarkoPour son grand retour en politique, Nicolas Sarkozy a choisi Lambersart. On s’attendait à une resucée des slogans façon 2012, et on avait raison. Du coup, on a préféré s’intéresser à l’ambiance du meeting, en s’infiltrant parmi les militants. Autant dire qu’on en a pris plein les mirettes...

Jeudi 25 septembre, une équipe de La Brique se donne rendez-vous à la gare Lille Flandres. Direction Lambersart. On a fait un effort vestimentaire, on chope le bus et on s’aperçoit qu’on n’est visiblement pas les seuls à se rendre au meeting de celui qui, dans la bouche de tous ces étudiants en chemise bleu ciel, fait office de sauveur : « Nicolas ».

On descend à « Saut du Loup » dans le quartier du Pacot-Vendracq, un coin populaire qui contraste avec le Lambersart bourgeois. Incognito, on passe à côté d’un RG – celui que d’aucun surnomment « blondinet ». Perché sur un banc d’arrêt de bus, il est tout occupé à surveiller les troublions qui pourraient gâcher la soirée. On s’approche de la salle Pierre de Coubertin. Pendant que la foule nous engloutit, les habitants du quartier observent, d’un air dubitatif, cette marée sénile aux colliers de perle.

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« Il y a énormément de préjugés et d’idées reçues sur l’accouchement à domicile »

entre leurs mainsLa Brique a interviewé Céline Darmayan, réalisatrice du documentaire « Entre leurs mains » (2013), dans lequel elle suit quatre sage-femmes accompagnant des parents – et plus particulièrement des futures mères – qui souhaitent accoucher « au naturel ». Au passage, le film décortique les représentations erronées de l’accouchement construites par la suprématie masculine du milieu médical. L’accouchement est l’enjeu d’un combat pour la liberté à disposer de son corps.

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Le « Cauchemar » de Croix

caucheCroix est la deuxième ville de France où l’impôt sur la fortune est le plus élevé, derrière la ville de Neuilly dans les Hauts-de-Seine. Elle est dirigée depuis 2008 par un certain Régis Cauche (UMP), nationalement connu pour avoir fait le buzz il y a quelques mois avec ses propos légitimant l’usage de la violence à l’égard des Roms. Mais décomplexer une violence raciste n’est pas son seul talent.

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