Calais : Séjour en Absurdistan

JPEG - 683.8 koEntre l’été 2007 et mai 2008, nous avons effectué dans une démarche de témoignage un certain nombre de séjours en immersion auprès des populations migrantes à Calais, de jour comme de nuit. Nous avons pu constater à quel point la situation n’a pas changée depuis la fermeture de Sangatte. Entre l’arbitraire policier et l’incohérence des politiques migratoires, Calais reste une zone de non droits pour les exilé-es du monde entier. Compte-rendu d’investigation…*

JPEG - 683.8 ko Salle de bain, jungle calaisienne, janvier 2008

Coups de tonfa, gaz lacrymogène, ce matin du 17 janvier 2008 le réveil a été dur pour les résident-es de la zone des Dunes. Rien de bien inhabituel pour les migrants de Calais, me direz-vous. Ce qui fut bien différent ce jour-là, c’est sans doute l’esprit liquidateur de la police qui fit le réveil matin : depuis le samedi précédent, la CRS 3 était parasitée par la gale et l’un de ses agents hospitalisé, ce qui n’eut sans doute pas pour effet de calmer l’ardeur chasseresse des flics. Ils se sont donc contentés d’arriver avec cinq véhicules et une vingtaine d’agents accompagnés de chiens, afin de ramasser tous les étrangers de la « jungle », des Afghans, pour finalement mettre feu à tous leurs abris. Une désinfection en somme. Les Afghans, rencontrés sur place le jour suivant, racontent avec incompréhension de quelle façon ils ont été tirés par les pieds hors de leurs cabanes, à grand renfort de matraques et de bottes, puis embarqués dans les vans garés au milieu de l’enceinte de l’usine Tioxide. Après, ils n’ont rien vu, mais à leur retour tout était calciné. C’est triste à voir. Les cendres sont seules à témoigner de ce que personne hormis les migrant.es n’a vu : tout ce qu’il reste des réchauds, ce sont des carrés de briques éclatées et des casseroles carbonisées. Le reste n’est qu’amoncellement de vêtements et de pneus brûlés, de tôles et de grilles tordues par la chaleur...

 

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Un midi pendant l’attente du repas, Cabina, Calais, janvier 2008

Vers 13 heures, au terrain vague du quai de la Moselle, ce sont toujours les mêmes visages burinés mais jeunes, les mêmes adolescents agenouillés le long des grilles, les mêmes humains en habits dépareillés que ceux qui depuis cinq ans viennent chaque midi chercher ici le repas donné par les associations. Ils sont encore entre 150 et 400, exilés de la guerre et blessés de la vie. Les noms changent, mais les destins sont étrangement similaires. Qu’ils viennent d’Afghanistan, du Kurdistan irakien, de l’Erythrée ou de la Somalie, de Palestine ou d’Iran, ce sont souvent les mêmes récits racontés avec la même tristesse. Ce sont aussi toujours les mêmes regards où se mélangent l’espoir, la peur et la mélancolie. Ce sont autant de vies qui se sont échouées sur les plages de Calais depuis la fermeture de Sangatte au printemps 2003. Cette petite ville du nord est devenue un récif au milieu d’une mer d’injustice, sur lequel des milliers d’exilé.es ont séjourné et continuent de séjourner avant de rejoindre l’eldorado britannique. Ils s’appellent Rasul, Abdullah, Walli, Safiullah, Ahmed, Hassan et parfois même John, noms véritables ou noms d’emprunt. Ils fuient la mort, la pauvreté, la faim ou l’absence de libertés, mais ne sont pas reconnus chez nous comme réfugiés. Quand bien même la convention de Genève reconnaît comme réfugié "toute personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions […]", les Etats européens s’essuient depuis bien longtemps avec cette définition large du réfugié pour pouvoir refouler les milliers d’étrangères et d’étrangers qu’ils accusent de perturber leur prospérité.

L’Europe citadelle

L’Europe de l’argent est aussi devenue une Europe citadelle. Ce fut d’abord la mise en place de Schengen et de ses visas uniformes, puis l’agence Frontex pour coordonner les polices aux frontières des états membres, le système Eurodac pour centraliser les empreintes digitales des immigrantes et immigrants en situation irrégulière, les brigades internationales RABIT pour l’intervention rapide aux frontières, et enfin les Centres de Rétention Administrative aujourd’hui au nombre de 174 à travers toute l’Europe et même au-delà des frontières européennes, au Maroc ou en Ukraine [1]. On a même commencé à sous-traiter la gestion de nos frontières par des polices privées agissant au cœur des autres continents. Les directives et les lois s’enchaînent pour toujours mieux gérer les flux migratoires et surveiller l’étranger qui franchit les portes de l’Europe : visas aéroportuaires, zones d’attentes, rétention jusqu’à 18 mois, prélèvements d’ADN, expulsions groupées, etc. Notre classe politique est désormais claire là-dessus : « Pour venir, il faut être invité ». Voila qui ressemble étrangement à la politique des visas menée par les anciens régimes soviétiques. A quand la propiska pour avoir le droit de changer de lieu de résidence ?
C’est cette dérive xénophobe que sont venus dénoncer une soixantaine d’associatifs, le monde militant immigrationistes et l’eurodéputée Hélène Flautre devant le Centre de Rétention de Coquelles le samedi 19 janvier. Des discours ont été prononcés devant les grilles du commissariat, derrière lesquelles une rangée d’agents de la PAF surveillait l’événement, puis la manifestation s’est contentée de faire le tour de l’enceinte. Une action tristement dérisoire, bien que la mobilisation ait été suivie devant plusieurs des autres Centres de Rétention européens. Ces centres ressemblent à des zones de non droit. On y refuse les membres du parlement européen souhaitant exercer leur droit de visite. On y fait dormir à même le sol ou sur des lits de camps dans les couloirs. On y retient parfois des familles entières. Et puis tout ne semble pas très clair au regard des lois, puisque le 16 avril dernier, un arrêt de la Cour de cassation a jugé illégal l’existence d’une annexe du tribunal de Grande Instance de Boulogne à côté du centre de Coquelles. C’est à se demander qui donne les permis de construire au ministère de l’intérieur…

Pas si misérables que ça

Dans la file qui attendait le repas près de la Cabina, ce mobil home juché au milieu du terrain du quai de la Moselle, on pouvait rencontrer il y a peu un Kurde irakien qui se cachait le visage derrière une écharpe noire. Il disait que chez lui, il était garde du corps du premier ministre du Kurdistan Nechirvan Barzani, mais ne voulait pas que les autres le sachent. Et puis il y avait là aussi Wahed Ulah, qui était professeur d’anglais en Afghanistan, John et un autre Africain qui étaient doctorants de sciences politiques en Erythrée, un jeune Afghan qui était traducteur pour l’armée américaine, un grand costaud qui était officier de police en Irak, Muhammad qui était chef d’entreprise en Iran, Sami, un étudiant en médecine érythréen qui a fuit son pays pour échapper à l’enrôlement forcé dans l’armée et poursuivre simplement ses études  : «  Pourquoi on fuit nos pays ? Souvent, on a un travail, notre famille là-bas. Si on pouvait y vivre en paix et en liberté, on ne partirait pas. Mais on y est menacés : c’est la première raison de notre départ ». Ils vous accueillent avec un grand sourire, vous parlent avec sincérité, vous proposent de partager avec vous la ration qu’ils ont eue de la part de l’association La Belle Etoile. Ils sont curieux et demandent qui on est, ce qu’on fait dans la vie, si on est mariés, ce qu’on pense de notre président, puis concluent les conversations avec de récurrents « Police no good » qui en disent long sur ce qu’ils subissent à l’écart du centre-ville. En parlant avec eux, on comprend vite comment ils fonctionnent, ce qu’ils ressentent face à la violence policière, l’injustice de leur condition et l’absurdité des préjugés qu’on a sur eux. En premier lieu, l’insupportable « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » qui tient lieu d’argument de poids de la part de tous ces gens qui ont assimilé la présence de « l’étranger » comme un handicap. C’est cette image de « l’étranger voleur d’emploi », du « mendiant aux portes de l’Europe », du « métèque » ou de « l’envahisseur » qui hantent les esprits occidentaux. Les migrants et les migrantes sont présentés comme des profiteurs ou comme des pauvre en haillons qui viennent quémander l’aumône et prendre la place de «  l’honnête citoyen européen  ». Pourtant leur profil est plutôt classe moyenne éduquée, diplômée et qualifiée, qui a pu dépenser jusqu’à 10 000 euros pour faire un voyage vers ce qui était sensée être la liberté. Et quand bien même la pauvreté serait un motif, cela ne justifierait-il pas davantage d’offrir un abri  ? C’est tellement plus facile de les présenter négativement pour faire accepter à l’opinion publique la nécessité de la reconduite à la frontière. Mais c’est sur ce dernier point que se situe le noeud des politiques migratoires européennes : si la personne est mineure ou si on ne peut prouver son origine, la reconduite à la frontière devient impossible, du moins jusqu’à ce que la nouvelle directive européenne soit adoptée. Il n’est d’ailleurs pas rare que les migrants et les migrantes soient affublés d’une fausse date de naissance pour les faire apparaître comme majeurs. Se faire passer pour mineur n’est pas rare non plus afin d’échapper à l’expulsion. La reconduite à la frontière prend le plus souvent la forme d’un transfert vers le premier pays européen où les migrant-es ont mis les pieds en arrivant dans l’espace Schengen : Grèce, Italie… Les migrant-es ont été tracés grâce à leurs empreintes digitales laissées lors de la première interpellation et seront irrémédiablement renvoyés vers l’endroit où elles ont été données, censé être le seul pays où la demande d’asile peut être faite, et d’ailleurs le plus souvent rejetée. On verra pour cette raison la grande majorité des africains et des africaines se mutiler le bout des doigts avec du fer sortant du feu ou avec des rasoirs. Tous les moyens sont bons pour échapper à l’arbitraire policier.

Nuits d’écueils

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18h30, les migrants convergent vers le quai Paul Dévot pour la distribution de nourriture du soir. Ils apportent avec eux les attristants récits de leur survie quotidienne, entre foulures et coupures, coups de matraques et courses à travers les épines d’argousiers. Mais il y a aussi les nouvelles qui mettent davantage en colère, comme ce jeune Kurde ébouillanté au visage avec du café par un routier, cet Erythréen poignardé au cou par un nazillon, cet adolescent afghan tombé du camion et dont la jambe a été écrasée, cette jeune Erythréenne tuée sur l’autoroute… Sans compter la violence policière gratuite, qui a lieu tout au long de la journée : alors que nous marchons dans Calais, nous sommes rattrapés par un Erythréen visiblement paniqué. Il nous explique qu’il s’est fait arrêter par la police, mettre en garde à vue, et qu’au moment de le relâcher, un des policiers l’a mis à terre et tabassé avec ses rangers. Il boite et se tient le bras. Nous l’emmenons à la PASS, sorte de mini hôpital pour malades ou blessés sans ressources, où se réunissent l’après-midi plusieurs dizaines de migrants qui viennent s’y reposer, prendre une douche, bavarder, mais surtout, échapper à l’oppression policière permanente. L’infirmière diagnostique une luxation qui sera confirmée par une radio : Mica a le bras totalement démis de l’épaule. Il refuse de se faire soigner : « no treatment in this nazis country. First I want to meet mister Justice ». L’hôpital donnera un papier attestant de ses blessures, avec lequel il va porter plainte accompagnée de Sylvie, de l’association Salam. Autant dire que la plainte n’aboutira pas : comment porter plainte contre la police, à la police  ?
On n’en finit pas de découvrir l’enfer de la nuit calaisienne pour ces jeunes hommes et femmes qui ont dû déjà traverser tant d’épreuve pour parvenir jusque là. Calais est une terre d’écueil, un caillou dans la chaussure, la dernière barrière à franchir avant d’arriver au but. Et les moyens pour y parvenir sont limités. Il faut chaque nuit marcher vers les zones de parking où les camions passent la nuit avant d’embarquer sur les ferries. Ce sont deux heures de marche, puis la rencontre avec les passeurs qui monnayent une place dans le chargement ou sur les essieux entre 400 et 1200 euros (300-1000 pounds). C’est aussi l’attente, puis les portes du fourgon qui s’ouvrent sur des chiens renifleurs, la police anglaise, l’échec. Très souvent les migrants se trompent de camion et se retrouvent en Belgique, d’où ils doivent revenir à pieds. Ou alors la Police aux Frontières française, tout simplement, puis le Centre de rétention de Coquelles. Relâchés le matin, les migrants refont surface à la distribution, relativisant leur échec par un constat simpliste  : «  no chance  ».

Calais passe à droite

No chance pour Calais qui vient de passer à droite ce 16 mars dernier, avec la victoire de la candidate UMP Natacha Bouchart. Menant une liste d’ouverture, elle a remporté la mairie après les 37 ans de règne de Jacky Henin (Parti Communiste). Certes la mairie PCF n’avait jamais rien fait en faveur des populations migrantes de Calais, mais il est à craindre que la droite sarkozyste ne soit pas plus à leur avantage. Si Natacha Bouchart avait promis la création d’un Conseil des migrants et de pousser la réflexion sur un centre d’accueil près de la zone industrielle Marcel Doré, il est fort peu probable que la hiérarchie de l’UMP prenne le risque d’accepter un nouveau Sangatte, que Sarkozy lui-même avait fait fermer en 2003. Promesses en l’air donc  ? Une chose est certaine, cela ne contribuera pas à mettre un terme à l’omniprésence policière. Calais est un véritable chemin de ronde pour les CRS qui, du matin au soir interpellent les migrant-es le long des rues.

Une farandole de solidarité

Et du côté des associatifs, l’épuisement se fait sentir. Ce sont bien souvent les mêmes personnes qui répètent quotidiennement et depuis bientôt cinq ans les mêmes gestes et les mêmes paroles. Dans leurs discours, le fatalisme l’a emporté, mais rien ne semble pouvoir gagner leur volontarisme. Distribution du thé à 11 heures et repas du midi à la Cabina, repas du soir au quai Paul Dévot, vestiaire le samedi à l’Eglise Notre Dame, douche au local du Secours Catholique, soins à la PASS rue des soupirants… La farandole de la solidarité ne cesse de tourner et tournera encore tant que rien ne sera fait pour offrir aux populations migrantes le minimum vital et tant que la forêt sera leur seul refuge. Retour ligne automatique
Des journalistes, les bénévoles en ont vu passer des myriades, posant irrémédiablement les mêmes questions et prenant toujours les mêmes images. Des politiques aussi il en est passé des dizaines, venues se faire mousser ou montrer leur impuissance, de Dominique Voynet à Dominique Strauss-Kahn, en passant par José Bové ou Isabelle Carré. Ce sont des milliers de regards extérieurs qui se sont posés sur Calais depuis que Sangatte a fermé ses portes. Mais les regards n’y ont rien changé. Le regard de l’opinion non plus ne semble pas vouloir changer  : on n’a toujours pas compris que de mettre des batteries de missiles le long des frontières ne suffira pas à arrêter des hommes et des femmes qui n’ont plus rien à perdre.

Instrumentalisation de l’humain

Mais veut-on réellement les arrêter ? A écouter les discours politiques, il semblerait qu’on veuille restreindre de façon drastique l’immigration, mais à l’épreuve des faits et des statistiques, on s’aperçoit que les expulsions en métropole n’atteignent pas les chiffres mirobolants que l’on croit, même s’ils sont déjà bien trop élevés. Des 24 000 expulsions réalisées en 2007, un peu plus de 16000 ont été réalisées uniquement vers Anjouan depuis Mayotte [2]. A hauteur de 20 par jour, les expulsions de la métropole sont donc relativement faibles au regard de ce qu’il se passe aux frontières éloignées de l’Europe. Ce qui apparaît davantage lorsqu’on se penche sur la réalité des faits migratoires européens et en tenant compte de la réalité démographique européenne, c’est-à-dire une Europe vieillissante en manque de main-d’œuvre, c’est que rien n’est réellement fait pour stopper l’immigration. Tout porte à penser qu’il s’agit plus de gérer les flux dans le sens d’une ventilation globale des « stocks » de populations migrantes au sein de l’espace Schengen, afin de se partager la responsabilité entre états membres et peut-être de se répartir une potentielle main-d’oeuvre. Sans pour autant prétendre que le pouvoir politique est complètement maître des flux migratoires, il est certain que les politiques ont bien compris l’enjeu économique des politiques migratoires et semblent tout faire pour freiner l’immigration familiale au profit d’une immigration du travail. C’est donc un rapport mercantile qu’entretien l’Europe, optant pour une immigration choisie lui permettant de sélectionner les candidats aux portes de l’espace Schengen. Cette instrumentalisation de l’humain pose un problème éthique majeur, qui est la négation du « droit au bonheur » (la sécurité et un certain confort) et du « droit d’asile » qu’implique la généralisation de ces politiques. Si l’on analyse les chiffres, on apprend qu’une expulsion coûte à l’Etat français 25 000 euros, donc ce seraient près de 3 milliards d’euros, soit l’équivalent du déficit annuel d’assurance vieillesse qui serait partis en fumée depuis 2003 [3]. Si l’Etat français est prêt à consentir de telles dépenses pour expulser 2 % des 400 000 sans-papiers présents et présentes sur son territoire (ou 10 % des 80 000 personnes entrant en France illégalement chaque année) [4], c’est aussi sans doute parce qu’une frange importante (et sans doute conditionnée depuis les années 1970 par le discours racial véhiculé dans les médias et parmi les élites politiques) de la population européenne l’exige : le pragmatisme politique s’est toujours accompagné de la nécessité pour l’Etat de désigner parmi la population des boucs émissaires, afin de se dédouaner de ses échecs en terme de politiques sociales. Les étrangères et étrangers, mais aussi celles et ceux que la Droite stigmatise sous le terme «  d’assistés  » sont rendus responsables des taux de chômage record provoqués par les politiques libérales. Pour concilier un discours sécuritaire et l’ouverture sur l’extérieur qu’exigent les besoins de l’économie libérale, il a fallu trouver des réponses adéquates  : faire mentir les chiffres et brasser du vent devient donc la solution au problème, afin de laisser perdurer les flux migratoires tout en donnant l’illusion d’y faire obstacle. Hélas, cela se traduit directement par le harcèlement que subissent les populations migrantes et les sans-papiers, sans compter l’humiliation et les mauvais traitements à leur égard, que la politique du rendement engendre de la part des forces de l’ordre chargées d’exercer cette chasse à l’homme quotidienne. La violence du discours se transmet de haut en bas de la hiérarchie et s’exprime à la base par des violences physiques et psychologiques (mépris, intimidation, rejet, peur…) que légitiment désormais les bulletins de vote de la majorité.

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Une fois ce constat établi, Calais apparaît à la fois comme un laboratoire d’essai des politiques migratoires, où peuvent également être testées les différentes méthodes policières, mais également comme l’une des tâches d’huiles (avec les Canaries, Ceuta&Melilla, la Crête ou le camp de Pavsino en Ukraine…) sur la robe immaculée qu’on veut faire porter à l’Europe…
Les migrants et les migrantes de Calais, comme toutes celles et ceux qui errent sans droits sur les routes de l’Europe, sont les miroirs de notre mauvaise conscience.
Eunous
avec les photos de Julie Rebouillat www.contre-faits.org


*** : Les réfugié.es de Calais sont très souvent des hommes, d’où l’absence partielle de féminisation.


Notes

[1] Le camp de Pavsino en Transcarpatie fait office de Centre de Rétention pour près de 400 personnes retenues pour une durée indéterminée et dans des conditions de droit et d’hygiène minimales.

[2] 2 : Chiffres donnés par le collectif franco-comorien STOP-Kwassa créé en 2007 pour sensibiliser l’opinion sur le drame de l’immigration entre les Comores et Mayotte, où vivent près de 55 000 personnes “clandestines”

[3] 3 : Chiffres de l’étude menée par Damien de Blic, post-doctorant à l’EHESS, publiée dans un article paru sur le site Internet de la revue Mouvements le 23 mars 2007.

[4] 4 : Chiffres du ministère de l’intérieur, de l’Ofpra et de l’Observatoire statistique de l’immigration et de l’intégration pour 2005, publiés par Libération en 2006.

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