L’internationale homosexuelle

La mode est au bleu blanc rouge…. Pour rester dans l’air du temps sans doute, la Gay Pride lilloise choisit de s’envelopper dans le drapeau tricolore. Un choix « national » sur lequel la Brique s’interroge.

 

Le 2 juin 2007 a eu lieu la « Gay Pride » à Lille. Défilé mêlant parade festive, revendications politiques et promotions commerciales (de bon goût ?), cet évènement a pour objectif de visibiliser la démarche d’associations et d’individus femmes et hommes revendiquant l’égalité des droits, la reconnaissance et le respect des pratiques et « cultures » Lesbiennes, Gais, Bi et Trans-genre (LGBT).

La Brique n’ira pas chercher la petite bête à un mouvement qui questionne à juste titre les bonnes intentions patriarcales. Alors que politiques et médias se vantent du bel idéal républicain où l’égalité se voudrait reine, jamais la symbolique masculine de la virilité et celle plus maternelle et maquillée de la féminité n’auront colonisé autant l’imaginaire et le quotidien de nos univers. « La Femme » et « L’Homme » font toujours figure d’idéal et de frontière au-delà desquels une multitude essaie de trouver place, avec difficulté : l’identité sexuelle est une affaire heureusement bien plus compliquée, n’est-ce pas ?

Et là, nous découvrons avec stupeur l’affiche annonçant l’évènement LGBT 2007 : deux héroïnes en pleine échange buccale s’entourant amoureusement du drapeau français. On ne savait pas la problématique homosexuelle franco-française... En pleine effervescence électorale où partis politiques et ténors médiatiques nous font la description inquiétante de ce que doit être le « bon français », on s’étonne quand la dialectique du nationalisme borné s’intègre à un mouvement visant à faire reconnaître la pluralité des humanités et des identités. On est bien loin du FHAR ( le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) qui en France et en 1971 lance l’initiative de défiler dans la rue au grand jour et collectivement. Le temps de la contestation est loin, bienvenu au pays du conformisme « made in france ».

A noter en ce jour du 2 juin la présence d’un cortège « pirate », où simples individu-e-s et associations LGBT comme les Flamands Roses ont défilé en compagnie des anarchistes et autres spécialistes du rebrousse poil (Ras l’front, AIDS). Ces gens avaient comme ambition de parler politique, il était ici question de capitalisme : la réduction de l’humain en machines à produire et à consommer ne serait-elle pas la question fondamentale ? Normalisation des corps, discipline et commerce sexuel : l’insoumission serait-elle donc internationale, au-delà de toute frontière nationale ou identitaire ?

La mite

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