Edito N°07 - Santé : les malades payent l'apéro

numero07Sous la misère, les pavés

Lille est passée à droite ! Qui l’eut crû ? Le PS et les Verts ont scellé une alliance avec le Modem, ce même Modem qui ne cessait d’être dénoncé par le PS comme un parti de droite. Etonnant ? Non. En ces temps d’ouverture, dans la région comme ailleurs, le bizness électoral a fait des émules. Une fois de plus, rien à espérer de ces élu-e-s girouettes aux convictions ventilées. Rien à l’horizon. Encore une fois « la France s’ennuie ».


Mais pendant que les puissant-e-s de ce monde copinent dans leurs dîners d’affaires, ce sont les plus fragiles qui trinquent. Tout reste à craindre du
gouvernement comme des "nouveaux" élu-e-s. Aucune raison de ralentir notre travail d’informations. Bien sûr, ce n’est qu’une brique de plus dans la mare. Mais nous ne sommes pas les seuls à lancer des caillasses de toutes sortes. Dans la presse indépendante et les écoles, dans les couples et les centres de rétention, dans les prairies et les squats, dans les musiques et les rêves, des voix s’élèvent, mécontentes. Et ici, ça ne fera jamais bling-bling, ce sale bruit d’éperons. à force d’accumuler les pavés, ça risque de faire plutôt bang-bang... en souvenir notamment de barricades d’un certain mois de mai.
Donc continuons. Pour cette saison, nous avons aligné, côté cibles, le capitalisme selon Paul, les managers en humanisme d’Unis-cité, les gestionnaires
rôtisseurs de fous, les multi cinémas gavés de thune, la fabrique des prisons Bouygues, ou encore une paroisse émerveillée par l’enfermement des gosses… Et depuis le maquis, nous vous avons débusqué un terroriste sans mitraillette, un écrivain sans maison d’édition, un resto vegan à prix libre et un palmarès des meilleurs ennemis de la planète. La liste aurait pu, aurait du s’allonger. Merci à nos contemporains d’être assez cons, donc intéressants, pour qu’il y ait trop peu de place, en 16 pages, pour en témoigner. Merci aussi à nos lecteurs et lectrices d’armer nos stylos de leurs hourras, et de nous montrer, parfois, nos limites.
Reste la question, bien sûr, de ce printemps… Sera-t-il chaud pour célébrer l’anniversaire d’une révolution manquée ? Ou allons-nous préférer regarder, hagards, la misère s’étendre à mesure que sont détruits nos acquis (conquis !) sociaux, exclus les immigré-e-s, piétinées ces valeurs pourtant gravées sur nos beaux monuments publics ? La Brique, à la suite du regretté Reiser, répond en montrant les dents : « Votez Printemps ! ».

Le collectif de rédaction