Edito N°10- Capitalisme en sursis

numero10La solidarité s’établit en faveur d’hommes et de femmes, mais aussi à leurs dépends. Le christianisme a su ériger la charité, devoir moral envers les plus faibles, en système d’obligés. Un peu à la manière de Martine Aubry qui pense en se rasant : « J’ai fait un rêve et on va le réaliser ! Faire de Lille LA ville de la solidarité ! » [1] Vaste opération de com’ dans la pure tradition de Lille2004 que certain.es avaient su faire voler en éclats : «  La peinture a un triste sort : celui de croupir dans les musées. La solidarité en a connu un bien pire : elle a fini dans la bouche de Martine Aubry. Les deux puent la mort diront certains. » [2]

Capitalism is not dead

Quand le Parti socialiste n’existe plus que par ses ténors et leurs ambitions, aux antipodes d’un projet d’émancipation, la droite joue la carte de la solidarité de classe avec les banques. Qu’attendons-nous pour faire claquer les casseroles, nous dé-solidariser ? Pour rassurer, Sarkozy parle de « moraliser le capitalisme » tout en opposant un bon côté entrepreneurial et une face obscure financière. Il y aurait le bon entrepreneur, le mauvais marché... et l’Etat bienfaiteur. Comme si ce dernier n’était pas le bras séculier, celui qui punit, réprime et venge avec sa satanée « violence légitime ».

Contrôle social

Ne prenons donc pas pour argent comptant toute mesure estampillée « solidaire ». Tout dépend de ce qui se cache derrière, surtout quand ça vient d’en haut. La gouvernementalité est une forme avancée de pouvoir qui a permis à l’État de survivre (Foucault). Face à l’affaiblissement de sa souveraineté, les gouvernant.es assurent l’entretien et le contrôle des populations et de leurs corps. La solidarité « nationale » est une des tactiques de contrôle et de régulation du corps social qui caractérisent la gouvernementalité, en l’absence de laquelle l’État déclinerait. Les allocations sociales en sont un exemple. Le RSA un autre. La « solidarité active » qu’on nous dit...

Solidarité avec tous les opprimé.es !

Ici et ailleurs, une autre solidarité s’active. À Lille, Liège ou Vichy, un certain nombre de personnes ont opposé la solidarité internationale aux politiques migratoires européennes. En Argentine, les ouvier.es de Zanon recyclent leur usine en coopérative autogérée. À l’hôpital de Seclin, les femmes chargées de l’entretien tiennent tête cinq jours à leur employeur et se font payer les jours de grève. Vivement que le plus grand nombre enclenche la solidarité pour tout, pour tous et toutes, et pour l’égalité sociale. Dans la rue, au boulot et partout où ce sera nécessaire, parce qu’elle est l’action d’un cercle d’égaux qui coopèrent, qu’elle est silencieuse comme le sabotage, qu’elle ne se dit pas, qu’elle n’est pas communication, enfin et surtout parce qu’elle est le fruit de la lutte des classes.

Le collectif de rédaction

Notes

[1Martine Aubry, Conférence de presse, 7 octobre 2004, quartier Bois-Blancs.

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