Edito N°18 - Tout changer pour que rien ne change

Pnumero18rêts ? Action !

Un édito ? Mais dans quel but ? Pour quoi faire ? C’est fini, y a plus rien à éditer. La clé sous la porte, La Brique à la flotte. Plouf. Trois ans, c’était bien. C’était sympa. Quand on a commencé cette aventure, avec toi en ligne de mire, cher lecteur, chère lectrice, on était loin de se douter que... Biiip. Non. Stop.

Morbide écho

Encore une fois, on te charrie. Au passage, la petite fiction de l’édito précédent, qui spéculait sur une future révolte suite au meurtre imaginaire d’un jeune, a salement sonné, après la véritable mort d’Hakim Djelassi. Un homme dont aucune insurrection fictive ne saurait récupérer le martyre.

Vérité pour Hakim... and Justice for all. Pour que sa mort, comme celle de nombreux jeunes gens dans les cités, ne reste pas confinée aux oubliettes de la mémoire collective, ni entre les pages jaunies de mensonges d’une presse aux ordres, ni dans les tiroirs poussiéreux d’une justice parodique. Une justice qui, ces derniers temps, tape dur sur les pauvres, les gamins des quartiers, les sans-papiers, ou les dissidents, qu’ils soient casseurs supposés ou syndicalistes énervés...

Profit bas

Alors là, on va éviter de vous conter des boulettes et des fictions. On a le profil bas. La Brique ne coule pas, pas encore. Elle flotte. Et encore... C’est pourquoi on a besoin de toi, de vous, vraiment. Besoin de tripler le lectorat, comme d’inviter tout le monde à nous diffuser plus largement, et plus solidement.

Abonnez-vous. Abonnez vos familles ou vos ami-es, selon ce que vous avez de plus près sous la main, et abonnez les gros connards autour de vous pour les faire chier. Dealez La Brique près de chez vous, relancez le commerce de proximité !

De la Jungle à la zone de l’Union

Sinon... ben c’est toujours l’automne. La guerre des classes a fait sa rentrée, la jungle de Calais a fait sa sortie. Vases communicants d’un monde odieux et morbide, mais que des failles continuent de creuser. Un monde odieux qui tente sans relâche de « déconstruire », « revitaliser », « renouveler ». A Roubaix, sur la zone de l’Union, l’évacuation des classes populaires touche à sa fin. Seuls quelques irréductibles sont parvenus à sauvegarder un bout de rue. Forcément, on leur a tendu le micro. Mais la situation n’a rien d’optimiste, leurs quelques vieilles maisons vont être noyées dans un complexe industriel, commercial et quelques résidences pour cadres. La bataille va être longue. Retour ligne automatique
Et merde !

Quant aux nantis bourgeois, de droite à gauche, Coluche en son temps avait su chanter une « chanson pour de rire » qu’on reprend pour de vrai : «  Oui mais un jour on sera forts, et dans les villes et dans les ports, les hommes lèveront leur poing, pour foutre sur la gueule des rupins, et des salauds ! Des salauds ! ...Alors ils vont envoyer leur police, mais comme on est plus nombreux on va leur foutre sur la gueule, et on va leur faire bouffer leur képi ! On va pas se faire emmerder par les flics ! Sans blague ! Merde !! » Allez, gageons qu’à trembler un peu plus, cette foutue société du capital est plus proche de la fin que du début...

Le collectif de rédaction