Droit à la ville

Une impression de liberté

poleka Autoedition2b 1L'édition, c'est au mieux de l'industrie, au pire de l'industrie numérique. Pourtant dans la métropole subsiste un îlot d'éditeurs indépendants. Bien qu'il soit difficile de résumer ces maisons d'édition en ne parlant que de quelques titres, on comprend vite que tout tourne autour de la même conception du partage des idées, de la liberté d'imprimer sans se soucier de la rentabilité...

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Alternatiba, mais alternative à quoi ?

alternatibaOrganisé en octobre dernier, le village Alternatiba cherchait à fédérer les initiatives locales opposées au « réchauffement climatique et aux inégalités sociales ». L’événement date un peu, mais méritait bien qu’on y revienne. Pas seulement parce qu’il a drainé plus de 10 000 personnes : aussi parce qu’entre les cours de sophrologie et la « valorisation des cartouches d’imprimante dans un jeu interactif », la fameuse « alternative » a eu bien du mal à exister...

Pour le collectif Alternatiba de Lille, tout avait bien commencé. S’inspirant de l’expérience réalisée à Bayonne l’année passée, un petit groupe de personnes s’investissent dans un projet qui apparaît vite ambitieux. L’idée : fédérer, autour de collectifs « citoyens » indépendants des partis politiques, les énergies locales et les initiatives qui permettent de lutter contre le changement climatique et les inégalités. Des groupes thématiques sont organisés tout au long de l’année civile, qui sont chargés de contacter les collectifs – dont La Brique – qui, à des titres divers, fabriquent les « alternatives concrètes du quotidien ». Et puis, au début de l’été, tout a vrillé.

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Quand Roubaix s’abstient...

roubaixLes campagnes électorales à Roubaix sont révélatrices de la dépossession des habitant-es par la classe politique. Dépossédés de la gestion de la cité, ils sont de plus en plus nombreux à déserter les bureaux de vote. Et les beaux discours ou les porte-à-porte des candidats qui s’ébranlent un mois avant l’élection, n’inverseront pas cette tendance. Quelques temps avant le premier tour des municipales de mars dernier, La Brique s’est rendue sur place.

Devant le comité de quartier de l’Hommelet, une association d’habitant-es du Nord roubaisien, un candidat aux élections municipales s’approche. Il est attendu pour répondre aux questions du collectif « Je pense donc je vote », qui lutte contre l’abstention. Un journaliste de Public Sénat, venu spécialement pour l’occasion, cadre son arrivée. À côté, fraîchement débarqué, un de ses confrères de RMC demande discrètement : « C’est qui lui ? » Ces professionnels de l’information auront bouclé leur sujet dans quelques heures. Ils savent déjà ce qu’ils y mettront, il leur faut juste des images ou du son. Et Roubaix, pour eux « capitale » de l’abstention et de bien d’autres « maux » [1], en regorge.

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Lille la nuit, c’est fini ?

lille la nuitAvec plus de trente descentes en un mois, les coups de pression policiers resserrent l’étau autour des petits cafés-concerts lillois. Depuis le mois de septembre, pas moins de deux cafés-concerts ont fermé : Le Détour, Le Salsero. Un troisième, L’Imposture, est sur la sellette. Entre commissions et charte de la vie nocturne, états généraux de la nuit, limiteurs de décibels et contrôles de légalité, les nuits lilloises sont de plus en plus soumises à des règlementations bureaucratiques et à une vision politique étriquée. Pendant ce temps, le secteur Masséna, lui, prospère étonnamment.

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Lille : Au sud du périphérique, on cultive le mépris

lille sudLille Sud est le plus grand quartier de Lille, mais aussi le plus isolé. Enclavé derrière le périphérique, il connaît un taux de chômage oscillant entre 30 et 40%, concentre une importante population d’origine immigrée et se trouve à mille lieues de la culture élitiste. Pourtant les plus grandes cités de la ville n’échappent pas aux désidératas de la mairie, qui souhaite en faire un « Nouveau Sud ». Servant ces ambitions, les politiques culturelles inondent le quartier de mépris.

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Lille : Requiem pour Wazemmes

Tour à tour évoqué pour son passé industrieux, prisé pour son côté artiste, déploré pour ses économies souterraines ou récupéré par la propagande municipale, le quartier de Wazemmes concentre bien des idées contradictoires. Sous le tapis, une sombre histoire de « mixité sociale », qui s’avère moins enchantée que sous la plume d’un élu de quartier.

Durant la première moitié du XXe siècle, Wazemmes est un quartier populaire qui vit au rythme de la manufacture et des petits commerces. Chaque jour, c’est toute une vie sociale qui s’ébroue entre les usines et les échoppes. En 1936, la rue Jules Guesde compte pas moins de cent dix-sept commerces (estaminets, cordonneries, poêlier, tailleur, repasseur de couteaux, horloger etc.). C’était la vie avant Carrefour Market.

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Paroles sauvages

Tandis que la mairie dédie un budget à ce qu’elle appelle « cultures urbaines », qu’elle offre des murs à des graffeurs, des scènes à des DJs et MCs, des ateliers de danse aux minots des quartiers populaires, certains et certaines d’entre eux persistent à se démerder par leurs seuls moyens. Nous avons rencontré Monsieur Bubka et Big Zucchero, adeptes du graffiti vandale, et la famille L’Embrouille qui, il y a encore peu de temps, lançait des « Libres Paroles » dans les espaces publics lillois. Voici leurs paroles que nous publions sans aménagement. Brutes et sauvages, comme leurs pratiques qui constituent, consciemment ou non, une formidable forme de résistance à l’aseptisation de nos rues. Et de nos vies.

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L’Insoumise : Les idées ne s’expulsent pas !

Loin de la culture municipale, des personnes s’organisent de manière indépendante. C’est le cas de l’Insoumise, bouquinerie occupée dans le quartier lillois de Moulins, à qui La Brique a voulu laisser la parole pour parler de ses activités.

L’Insoumise est une bouquinerie occupée illégalement depuis septembre 2012 au 10 rue d’Arras à Moulins. Tous les mercredis et samedis après-midi, on y organise des discussions, présentations de bouquins et projections. Il y a aussi la bibliothèque sans puce électronique dans les livres, l’infokiosque, la librairie à prix libre, des fanzines et journaux, et même quelques vinyles. Une cantine vegan à prix libre a lieu tous les jeudis et des collectifs se réunissent ici.

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L’habitat et la Ville de Lille. La fabrique de l’embourgeoisement

gentrification« Lille, ville de la solidarité et du logement pour tous » ? Foutaises ! Les deux derniers mandats d’Aubry ont largement intensifié l’embourgeoisement de la ville de Lille. Dans l’opacité des techniques d’aménagement, les politiques urbaines cherchent à attirer les classes moyennes supérieures, à faciliter le travail des promoteurs et propriétaires privés et à réduire l’offre de logement à bon marché. Décryptage.

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Lille Nécropole Habitat

lmhLille Métropole Habitat (LMH) est l’office HLM de la Communauté Urbaine, premier bailleur de la métropole. Avec environ 30 000 logements et près de 80 000 personnes logées sur 44 communes, LMH représente 25% de l’offre de logements sociaux. Éloigné de ses principes fondateurs de bailleur « social » depuis longtemps, son rôle aujourd’hui est de mettre en œuvre la politique de peuplement de la mifa Aubry. Et pour atteindre ses 161 millions de chiffres d’affaire, chaque locataire est un client comme un autre.

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Locataires cherchent bailleur social

lmhOn ne pouvait pas parler de LMH sans laisser la parole aux premières personnes concernées. Nous avons décidé de nous rendre à la barre Marcel Bertrand. Située au métro Porte d’Arras à deux pas du périphérique, elle est impossible à rater. C’est également une des plus connues de Lille parce qu’elle fait les choux gras de la presse locale : « Opération de police » ou « de reprise en main », saisie d’armes ou de drogue, démantèlement de trafics. La Voix va jusqu’à la surnommer « la terrible ». Vous l’aurez compris, la barre Marcel Bertrand, gérée par LMH, tout le monde s’essuie dessus. Quand elle ne terrorise pas ses lecteurs en stigmatisant tout un quartier, La Voix du Nord se fait un plaisir de relayer les opérations de communication propagandesques de LMH. C’est ainsi qu’on a pu lire que 200 000 euros auraient été utilisés en 2012 pour rénover « le bloc » comme des habitants l’appellent (La Voix, 07/04/11). Ça nous a décidés d’autant plus à y faire un saut pour demander leur avis à ces derniers. Et sauf peinture ultra chère, les 200 000 euros restent un mystère entier.

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Lille : La ville s’arrête au Bois Habité

logementEn 1999, la Zone d’aménagement concerté (ZAC) Euralille 2 est créée pour accueillir le siège de Région. La mairie et la communauté urbaine décident d’y bâtir un quartier de résidences et d’activités. Aujourd’hui, le « Bois Habité » est sorti de terre. Présenté comme une opération urbaine de référence du début du XXIe siècle, visité par des architectes venant de toutes les villes de France, ce quartier présente pourtant un des aspects de la politique d’embourgeoisement de la ville de Lille… Petite promenade.

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Habiter, partager… et militer

L’habitat partagé est en vogue. Même la mairie de Lille en fait la promotion. Malgré cette institutionnalisation, il offre une alternative au modèle dominant de la propriété privée et individuelle. En tout cas pour celles et ceux qui en ont les moyens, dont certains le voient comme un acte politique. Rencontre avec deux collectifs qui tentent l’expérience dans la région.

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Ainsi squattent-ils

squatEn marge du système, des personnes s’organisent pour habiter sans payer de loyer. Squats de SDF, squats de punks, squats de migrant-es, squats d’habitation, squats ouverts. Le squat est une pratique à plusieurs visages, entre nécessité sociale et choix politique. Discussion avec quatre squatteurs lillois qui ont décidé de partager cette condition.

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Dérèglements hivernaux au Marché de Wazemmes

marche de wazemmesMoi qui imaginais, avec ce reportage, découvrir le monde merveilleux de Wazemmes, celui qu’on aime, des cultures qui cohabitent, des étals colorés, des senteurs épicées, du bon fromage, des bières belges qu’on sirote, peinard, sur les terrasses de l’Oxford, des Tilleuls, du Relax, etc., je mettais les pieds dans un monde tout à fait différent. Difficile et parfois corrompu.

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Lille Métropole : « Ils ne rendront pas ce qu’ils ont confisqué »

lmcu

« Pour vivre bien, vivons caché » : telle devrait être la devise de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU). À coups de petits arrangements entre amis et de conciliabules en huis-clos, les élus cadenassent la démocratie locale. On a rencontré Fabien Desage et David Guéranger, auteurs d’un maître-ouvrage sur le sujet. Interview (1).

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Lexique

Capécure
Quartier à cheval sur les communes de Boulogne-sur-mer et Outreau. Jadis habité, il est désormais entièrement dévolu à l’industrie de transformation du poisson. On y trouve des usines de filetage, des conserveries, des usines de conditionnement multiples. Les produits vont du filet de poisson à la pâté pour chien en passant par les croustibats. Lié à cette industrie, un centre logistique immense avec une des plus grandes gare de marée européenne (112 quais d’embarquement). Ouverte 24h/24, elle permet une liaison quotidienne avec toute l’Europe.

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Paroles de mer

peche

Rencontre avec Émilie et Thierry, deux personnalités, deux façons de pratiquer la pêche et de raconter le port de Boulogne.

Émilie. La trentaine, le regard fier et une force de caractère qui transparaît dès les premiers échanges. Affairée à la vente du poisson sur le quai Gambetta, elle gère la boutique du Surcouf, le nom du bateau que son mari dirige. C’est qu’elle a marié la mer par deux fois, Émilie : originaire de Tourcoing, elle a épousé son amour de vacances, « dans la pêche depuis toujours puisque son père aussi était marin-pêcheur ». « Je me suis lancée dedans car il fallait quelqu’un pour vendre le poisson ! J’ai appris le métier sur le tas : reconnaître les variétés, les écorcher. Mes voisines [de boutiques] m’ont appris. Une semaine pour savoir faire un filet ; une année de galère pour avoir des clients ».

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