Soutenez la presse libre

Ce qu'il faut défendre !

Alerte ! Le mensuel marseillais (national) CQFD est en galère. Avec la suppression de leurs deux emplois aidés et la baisse lancinante de leurs ventes en kiosque et par abonnement, le canard au chien rouge a besoin de soutien pour poursuivre son combat. "Pas de sub ni de pub, pas de patron ni d’affiliation à un quelconque groupe politique". L'indépendance a un coût, beaucoup ont déjà répondu à leur appel. Mais il leur manque encore de quoi tenir le coup. Vous savez quoi faire.

 

Le Ravi malheureux

C'est aussi en Paca, c'est aussi un canard (local) qui a besoin d'un coup de pouce pour passer l'hiver. 30 000 euros, c'est ce qui leur manque pour passer le cap d'un redressement judiciaire et de la désertion de la Région, qui leur versait des subs'.

 

C'était Moins une !

Un nouveau canard est dans la place, le journal Moins Une, "prescrit sans ordonnances" disent-ils. Ils ont sorti un premier numéro en septembre, le second arrive. Derrière, on retrouve notamment des syndicalistes qui veulent "rentrer dans le tas, ensemble, tout de suite", on approuve ! Ils ont besoin de tunes, eux-aussi, 10 000 balles pour préparer l'avenir !

La Brique sur les ondes

La Brique, notre journal sans peur, sans reproche, sans publicité, sans subventions, sans concession était sur les ondes de Radio Campus Lille le 23 décembre 2017. Interview depuis un des petits salons du Casinos Barrière, on fait le point sur le numéro 52. Pour écouter l'émission, c'est par ici : Radio Campus, Le Lille City Tour !

Justice pour Selom et Mathis

Communiqué du collectif Contre la Répression des Individus et des Mouvements d'Emancipation (le CRIME)
 
"Ce qu'il s'est passé vendredi 15 décembre à la cité Saint-Maurice à Fives
 
Il y a des textes qu'on aimerait ne pas devoir écrire. Vendredi 15 décembre vers 21 heures, quatre jeunes ont été happés par un Train Express Régional (TER) sur la ligne Lille-Calais-Dunkerque au niveau de la cité Saint-Maurice, à la frontière des quartiers de Fives et de Saint-Maurice Pellevoisin. Deux d'entre eux sont morts. Malgré le choc et les blessures, les deux rescapés témoignent. Et démentent dignement la version de la police et de la presse locale.
 
Lundi dernier, à 20h45, une centaine de personnes se rassemblent sur la place Degeyter à Fives pour rendre hommage à Selom et Mathis, morts pendant le week-end. Quelques heures plus tôt, le procureur de la République explique que la version d'une course poursuite avec la police n'est qu'une « rumeur » et que les quatre jeunes auraient voulu prendre un « raccourci » le long des lignes SNCF... Les médias – La Voix du Nord en tête – se contentent de relayer cette version. Affaire classée.
 
Un accident, vraiment ?
 
Pour Ashraf et Aurélien, les deux rescapés que nous avons rencontrés, il ne s'agit pourtant pas d'un accident. Leurs témoignages se recoupent alors qu'ils n'avaient pas encore eu l'occasion de se parler. Ashraf, dans une chambre de l'hôpital Roger Salengro où il est encore en observation pour quelques jours, revient sur les faits : « C'est allé hyper vite, entre trois et cinq minutes. On était assis dans la cité, ils sont entrés à six en uniformes avec leurs matraques. Ils ont couru vers nous, ils voulaient nous attraper. On a eu peur et on est partis en courant ». « Ils », ce sont les nouvelles unités de la police nationales déployées en grand nombre dans le quartier depuis septembre, tout particulièrement autour de la cité Saint-Maurice et de la place Degeyter. Le résultat ? Un net regain de tensions entre jeunes et forces de l'ordre. « Depuis deux-trois semaines, c'est vraiment tendu dans le quartier. »
 
« On ne voulait pas se faire éclater encore une fois »
 
Pourquoi ont-ils eu peur ? « C'est ceux qui nous frappent tout le temps, pour rien, explique Aurélien, blessé au bassin et au visage et obligé de se déplacer en fauteuil roulant. Encore hier, ils ont frappé quelqu'un. On ne voulait pas se faire éclater encore une fois. Tu sais combien de fois je me suis fait frappé ? Tu sais comment ils m'appellent ? Par mon nom de famille. Ils nous connaissent très bien et c'est toujours la même histoire. La nationale, ils te lâchent seulement quand tu cries et tu pleures... »
 
Arrivés sur la voie ferrée, les jeunes ont à peine eu le temps de comprendre. « On a entendu un gros coup klaxon, raconte Ashraf. J'ai volé et je suis retombé plus loin. J'ai vu que les deux autres étaient tombés. Les secours me mettaient des claques pour pas que je m'endorme et m'obligeaient à regarder vers les buissons pour ne pas voir mes potes. Et après je me suis évanoui. Ça a été très violent : quand je me suis réveillé ici [à l'hôpital], je courrais encore, dans ma tête, j'étais encore dans la poursuite. » Si Ashraf perd rapidement connaissance, Aurélien se souvient : « C'est un passager du train qui est venu faire les premiers secours et ensuite les contrôleurs et la sécu [la sûreté générale, la police de la SNCF] sont arrivés. » Contrairement à ce qui est dit dans la presse, le groupe de « CRS » arrivé sur place n'intervient pas suite au drame mais semble être celui qui a entrainé toute cette histoire.
 
Les flics qui les poursuivaient ont-ils pu savoir ce qu'il leur est arrivé par la suite ? « Quand on a sauté vers les rails, ils étaient à cinq mètres derrière nous », explique Ashraf. Pour Aurélien, c'est sûr, « ils ont vu le train passer deux secondes après nous. Ils nous ont coursés jusqu'au bout. » Concernant la thèse du raccourci relayé dans la presse : « On va pas prendre un raccourci pour aller sur les rails ! s'exclame Ashraf. Un raccourci pour aller où ? »
 
Intox
 
On se pose donc la question : d'où vient cette version des faits ? Peut-être a-t-elle été recueillie lors d'interrogatoires réalisés le soir même, sur le lieu de l'accident (avec Aurélien) ou à l'hôpital (avec Ashraf), ce dernier ayant dû signer des documents pré-remplis et sans les lire. Au-delà du fait de témoigner contre la police auprès de la police, on imagine aussi ce que signifie ce genre de témoignage lorsqu'on vient de connaitre un traumatisme aussi important. « C'est que hier [lundi 18 décembre] que j'ai vraiment réalisé ce qui s'est passé », explique Ashraf.
On comprend mieux ce qui a entrainé les feux de voitures de ce week-end à Fives. Et pourquoi les versions officielles de la justice, de la police et de la presse ont toujours autant de mal à passer aujourd'hui. L'affaire n'est donc pas classé. C'est tout un quartier qui réclame vérité et justice pour Selom et Mathis.
 
Le C.R.I.M.E Lille Le 20 décembre 2017"

Relaxe pour les sambistes arrêté.es à Calais

Rappel des faits :

Le 23 septembre, à l'appel d'une dizaine d'associations nationales telles qu'Emmaüs France ou le MRAP, et comme dans de nombreuses villes de France et à l'international, se tenait à Calais, place d'Armes, un rassemblement pour la paix. Rien d'anodin à parler de Calais quand on connaît la situation d'apartheid entretenue depuis plus de 20 ans par la ville et qui connait des sommets de cynisme et de violence depuis l'expulsion de la Jungle en octobre 2016. Ce jour-là, déterminé.es mais calmes, plus de 200 personnes se sont retrouvé.es pour partager ensemble une journée d'action et d'information. Fanfare, ateliers, prises de paroles, stands d'infos et une ambiance bon enfant où les générations se croisent. En milieu d'aprem', les sambistes du réseau Rhythm of Resistance tentent d'entraîner une partie des militant.es présent.es en cortège autour de la place.

A peine ont- il.les atteint le croisement menant la rue Royale que les CRS présents en nombre les bloquent dans leur élan, appliquant la stratégie préférée des forces de l'ordre depuis le printemps 2016 : la nasse. Deux heures durant, la samba continuera de jouer et les personnes présentes de relayer les slogans, entourées d'un cordon de flics patibulaires qui ne relâcheront le garrot qu'en fin d'après midi. Bilan de la journée : quatre gardes à vue, dont deux de 48 h, pour outrage, rébellion et rassemblement non autorisé, des militant.es harcelé.es et arrêté.es à la porte de leur domicile les jours suivants le rassemblement, et le prétexte à davantage de répression envers les migrant.es qui continuent à se terrer dans les zones de relégation entourant Calais... Deux sambistes passent en procès le 23 octobre à 14h 30 au TGI de Boulogne sur Mer.

Le 21 novembre 2017, le délibéré tombe : RELAXE !!