Expulsion des jeunes des Olieux

Après plusieurs tentatives avortées, la préfecture et la mairie d'Aubry ont finalement réussi leur coup : le parc des Olieux, qui servait de refuge à des dizaines de jeunes mineur.es isolé.es, a été évacué. Le camp de fortune a été karcherisé et grillagé pour éviter tout retour. Difficile aujourd'hui de s'imaginer que des dizaines de mineur.es ont vécu nuit et jour pendant un an et demi sur ce carré debitume. Le prétexte ? La « mise à l'abri » de ces jeunes au lancement de la trêve hivernale. La réalité ? Les jeunes sont éloigné.es de leurs réseaux de solidarités et ne sont plus visibles. Après un recensement partiel, une solution bancale de « mise à l'abri » a éparpillé les jeunes de Dunkerque à Cassel. À Moulins, le collectif des Olieux, toujours aussi déterminé, est parvenu à loger en urgence les jeunes encore présent.es en mobilisant leurs réseaux. Quelques affiches sont distribuées aux voisins pour les remercier de leur soutien.
Samedi 3 décembre, la lutte se poursuit. Devant le parc J.-B. Lebas, les jeunes mineur.es prennent laparole devant une petite centaine de soutiens : « Aucun enfant ne devrait se retrouver seul dans un commissariat à se faire interroger sur son âge, et pourtant c’est ce qui se passe tous les jours en France ».
Le rassemblement se transforme en marche festive et se termine sur l’ouverture d’une baraque au 32 rue de Fontenoy.
Dix jours après, les keufs bouclent le quartier, vident le squat et murent portes et fenêtres. L'artillerie lourde est de sortie : PAF, RAID, BAC déployé à tous les angles. Résultat : une interpellation et retour à la rue pour les jeunes réfugié.es. Plus que jamais ils et elles ont besoin de soutien, contactez le collectif des Olieux.
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Splash !

Modeste Richard, dessinateur à La Brique et à Hors-sol, organise une expo au Ici bar, 10 rue Inkermann du 31 janvier au 17 mars.
Vous n’y croiserez que du beau monde : le charitable Gérard Mulliez (notre mère Thérésa), BHL (l’André Malraux du troisième millénaire), Jérémy Rifkin (grosse tête de la troisième révolution industrielle), mais aussi DSK et autres figures de la classe triomphante embaumées par ses coups de crayon.

Les fachos font de la BD

Dans un style visiblement pompé sur le regretté Gotlib, le dessinateur Marsault aime s’illustrer tabassant des femmes, cognant sur des contestataires (« Tu nous fais chier, t’entends ! »), représenter des chars d’assaut… Adulé par l’extrême-droite, il a des fans encombrants qui ne répugnent pas à harceler sur Internet et à menacer de mort une lectrice pas du tout convaincue par leur idole. À Lille, les propriétaires de la librairie Humeurs noires l’ont invité à dédicacer son dernier ouvrage nauséabond et ils ne comprennent pas la haine qui se déchaîne contre eux… Peut-être que les tags nocturnes qui ont décoré leur vitrine à la suite de cette visite ont éclairé leur lanterne ?

« Les poubelles sont pleines, les frigos sont vides, glanons ! »

Ce 18 novembre, devant le McDo Grand’Place, le collectif Poubelles en N’or’d a partagé des burgers vegan fabriqué avec de la récup’. Les bénévoles venaient manifester contre le CETA et sensibiliser le chaland contre le gaspillage alimentaire. Depuis novembre 2015, ils et elles recyclent le contenu des poubelles des supermarchés pour récupérer légumes, fruits, produits laitiers et pains. Ces fines bouches stockent et donnent gratos leur butin à plus de cent personnes par semaine. Vous pouvez les retrouver au Local, Usine Bis, 17 rue Philippe de Comines à Moulins les mercredis et vendredis, ou tous les troisièmes jeudis du mois à L’Insoumise pour une cantine vegan.
www.poubelles-en-or.fr

Encore un canard chez les poulets

Voilà plusieurs années, quelques fondateurs de La Brique sont partis en Aveyron voir si l'herbe était plus verte. Après avoir constaté que la nature était effectivement plus belle qu'à Lille, ils se sont vite rendus compte que les élites locales ressemblaient étrangement à nos édiles lillois. Ah les mauvaise habitudes ! Ils ont donc fondé avec quelques ami.es le journal L'Empaillé dont le numéro 2 est sorti. Leur succès ne se dément pas, retirage du premier, le second est presque déjà épuisé. Mais quarante pages d'infos locales bien senties amènent forcément son lot de râleurs comme le canard le rapporte : « Ces dernières semaines, le journal a mobilisé quelques gendarmes. Suite à une double plainte en diffamation de la part des promoteurs de l'usine à merde de Goutrens et de ceux qui leur ont vendu le terrain, deux journalistes de L'Empaillé ont été convoqués à la gendarmerie de Rignac. Zèle ou triste réflexe d'état d'urgence, la bleusaille a exigé prise d'empreinte et fichage photographique. Refus de notre part, bien sûr, et coup de pression des gendarmes. Deux heures de notre temps perdu chez les bleus et affaire à suivre... ».
On ne saurait mieux dire qu'eux : « L’abonnement, pierre angulaire de toute publication indépendante, reste de loin la meilleure façon de soutenir ce drôle d'Empaillé ». Abonnement de soutien à 20 € les 5 prochains numéros, et abonnement pour les fans à 30 € et plus.
Nous, on est fans !

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